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Emmanuelle Hascöet, membre du jury de l'appel à candidatures de l'exposition "Les Territoires de l'eau"
(c) Franck Betermin

Le Festival de photographie de Paranapiacaba (FF Paranapiacaba) est une plateforme d’alphabétisation visuelle prônant la préservation des équilibres naturels, les droits de l’homme et l’accès à l’éducation, Il aborde des questions pertinentes sur la durabilité, la mémoire et le patrimoine. Emmanuelle Hascöet, membre du jury a acceptée de répondre à nos questions dans le cadre de l’exposition “Les Territories de l’eau” chez Initial LABO

Cette quatrième édition du Festival est consacrée à l’eau, élément essentiel à la survie de tous les organismes.

Initial LABO et IANDE s’unissent à cette occasion pour vous faire découvrir le Festival de Paranapiacaba et permettre à des photographes brésiliens d’exposer leur travail en France.

IANDE est une plateforme culturelle interna4onale ciblé sur la France, en vue de communiquer sur la photographie brésilienne. Iandé, qui signifie Nous est un trait d’union entre le Brésil et la France, pour les photographes, les commissaires, les galeristes, les collectionneurs, l’enseignement, la recherche et les institutions liées à la photographie.

Initial LABO de par son attachement continue à la photographie brésilienne, que se soit au niveau du Mécénat auprès de la Bibliothèque Nationale de France, de son soutien à l’association SOS Assistances de Fotografia venant en aide aux assistant de photographes touchés par la pandémie ou bien par la riche sélection de livres brésiliens présents dans notre librairie.

Suite à l’appel à candidatures lancé cet été, plus de 500 candidatures ont été reçus. Le jury composée de Denise Carmargo, Héloïse Conesa, Emmanuelle Hascoët, Joao Kulcsár et Glaucia Nogeira ont choisi cinq lauréats qui seront exposés chez Initial LABO du 23 septembre au 10 octobre 2021.

Pour l’occasion nous avons échangé avec Emmanuelle Hascöet, membre du jury afin de mieux connaitre son écriture photographique, les thématiques qu’il travaille et l’impact de la pandémie sur son inspiration. Découvrez cet échange en intégralité suivie d’une présentation de sa série.

Quel est votre premier contact avec la photographie brésilienne ?

“Etrangement c’est via la musique que j’ai découvert la photographie brésilienne. C’est mon ami Remi Kolpakopoul qui n’est plus aujourd’hui qui m’y a sensibilisé. Il travaillait à Radio Nova à l’époque mais fréquentait de grands photographes brésiliens.

Il m’avait montré le travail de Mario Cravo Neto et ce travail puissant m’était resté en tête longtemps. C’est le premier nom qui me vient quant on évoque la photographie brésilienne. Bien entendu je connaissais Salgado mais mon premier coup de cœur c’est Cravo Neto.
Et puis j’ai ensuite travaillé avec Miguel Rio Branco à Magnum Photos qui tient une place toute particulière mais dont le travail me passionne.

Odé. Eternal Now series, 1988. Photo by Mario Cravo Neto. Instituto Mario Cravo Neto Collection/IMS
Odé. Eternal Now series, 1988. Photo by Mario Cravo Neto. Instituto Mario Cravo Neto Collection/IMS

Existe-t-il une photographie brésilienne ? si oui est elle influençée par son territoire, son histoire ?

“Oui, de mon point de vue, il existe une photographie brésilienne toute particulière et la photographie contemporaine le confirme vraiment. Le lien avec l’environnement dans la construction des images m’intéresse beaucoup.

Au Brésil, malgré la destruction de la biodiversité et la crise environnementale aggravée par la folie de la politique ravageuse de Bolsonaro, le réchauffement climatique « vitesse grand V », j’ai la sensation que la nature reste puissante dans l’imaginaire visuel. C’est la vision sans doute idéalisée d’une européenne, mais que la photographie contemporaine brésilienne retranscrit bien selon moi.

Même dans les images des « métropolis » à la modernité technologique outrancière, le végétal parvient à surgir et faire exploser le béton. La forêt semble plus luxuriante, résiliente, combative. C’est un sentiment que j’ai en observant d’autres créations photographiques en Amérique latine. C’est le cas de la Colombie par exemple.

Les photographes ont intégré instinctivement les préoccupations environnementales dans leurs travaux et leurs images rendent bien ce débordement, cette fusion avec le tropical, le sylvestre. Mais bien entendu leur travail vise aujourd’hui à alerter sur la catastrophe en cours. Faire des images manifeste une volonté de dire l’urgence aussi à documenter la destruction de l’environnement. Cela transparaît dans les travaux que nous avons jugés.” 

Avez-vous eu des “coups de coeur” pour des photographes brésiliens récemment ?

© Gilvan Barreto. O Polvo Socialista I

“En ce moment, je regarde les travaux de Gilvan Barreto, Bruno Morais (et sa compagne Cristina de Middel qui n’est pas brésilienne mais vit au Brésil et travaille). J’aime aussi le travail de la photojournaliste Ana Carolina Fernandes.

Par ailleurs, j’ai eu la chance en 2017 d’intervenir, grâce à Joana Mazza et Roberta Tavares, au sein de Imagens do Povo à Rio, un collectif et un Laboratoire qui rassemble de jeunes photographes brésilien.ne. s. Imagens do Povo forme à la photographie, à l’éducation à l’Image au sein des favelas, des communautés. C’est aussi une mine de jeunes talents comme la prometteuse photographe Valda Nogueira dont la carrière s’est arrêtée en plein vol. Mais on peut aller voir ses images sur Instagram.”

Qu’avez-vous pensé de la qualité des photographes qui ont postulés à cet appel à candidatures ?

“C’était très varié au niveau des sujets et des genres, du niveau de pratique de la photographie aussi et donc parfois de la maitrise technique. Cela signifie que le concours a obtenu un grand succès et que la pratique photographique est immense au Brésil. Une richesse et une profusion intéressante s’affichait dans la centaine de portfolio qui nous a été soumise.

Le choix était assez complexe. J’aime le travail de la couleur et j’ai repéré plusieurs bons coloristes dans ces candidat.e.s.

J’ai noté beaucoup de travaux documentaires en noir et blanc dont on note les influences des grands noms de la photographie humaniste. Ces influences sont-elles conscientes ou inconscientes ? C’est difficile à estimer et finalement cela importe peu quand le photographe parvient à les dépasser et trouver un petit quelque chose en plus qui va singulariser son écriture. C’est tout de même assez rare. Je crois que nous étions tous d’accord dans le jury pour nous arrêter sur ces écritures singulières, très symboliques.

On sent la nécessité de la création, le saisissement de l’image comme moyen de résistance dans cette période où un pays comme le Brésil a été particulièrement dévasté par la pandémie de la Covid-19 et fait face à une catastrophe climatique. Cette tension et cette urgence à faire entendre sa voix et donner à voir un Brésil complexe, jeune mais aussi d’une infinie beauté me touche énormément.”

Quelles écritures vous ont particulièrement intéressées dans les séries présentées.

“L’exercice étaient intéressant puisque les lauréats étaient contraints de présenter un triptyque et donc de réaliser un editing très serré. J’ai beaucoup aimé regarder ces propositions qui étaient toutes des petites histoires plus ou moins bien ficelées. C’est évidemment un aspect que j’ai pris en compte dans ma sélection : cette capacité à éditer son travail, choisir et raconter en trois images un petit sujet, une petite fable. Photographier ne s’arrête pas à faire une image ; il faut aussi être en capacité de mettre de l’ordre et faire des choix dans ses récoltes visuelles. Maitriser sa narration et raconter une histoire à travers une ou plusieurs images précisément choisies.

C’est aussi cela l’essence de ce métier. Par exemple, j’ai aimé le projet de ce triptyque rendant compte avec pertinences des conséquences des inondation et des déversements des boues toxiques dans un village du Mina Gerais. Le photographe qui se révèle bon coloriste a choisi de capturer les empreintes de cette catastrophe environnementale sur l’habitat. Son travail est sobre à l’image et très esthétique. Et tout est dit. Tout est là. Il nous apparait comme une métonymie visuelle qui fonctionne bien et nous laisse imaginer l’ampleur et l’horreur des conséquences de cette terribles catastrophe. C’est une vraie écriture photographique.

J’ai par ailleurs été sensible à certaines propositions très plasticiennes vraiment intrigantes et originales qui mêlaient plusieurs techniques, ou reproduisaient des installations faites à partir de photographies. Nous en avons d’ailleurs sélectionné une.”

Nilmar Lage, lauréat de l’appel à candidature

De manière plus générale, qu’avez-vous pensée de la production photographique pendant la pandémie ?

“Les photographes ont compris rapidement qu’il fallait documenter ce qui se passait surtout le premier confinement qui était le plus spectaculaire et donnait lieu à des images inédites à l’extérieur (les métropoles vidées et les espaces naturels en répits), les hôpitaux bondés, les soignants débordées et exsangues. J’ai en tête les images de feu d’Antoine d’Agata qui a parcouru les rues de Paris avec un appareil thermique pour enregistrer, à sa manière, l’épisode viral, ou les multiples portraits de soignants aux visages tellement marqués par le port des masques et la fatigue.

Les photoreporters sont allées sur le terrain immédiatement. Les plus plasticiens étaient peut-être plus démunis. Cette période a été une période contrainte pour nombre d’être eux qui ne pouvaient pas forcement voyager ou se déplacer librement. Et dans la contrainte, on doit faire preuve de créativité. Ils ont donc retourné leurs objectifs sur eux, leurs intérieurs, ont photographié leurs proches. Il fallait trouver des biais. 

Et puis photographier des visages masqués est devenu une gageure, une autre contrainte à intégrer, à incorporer, à interroger.”

Image extraite du livre « Virus » d’Antoine d’Agata• Crédits :  Antoine d’Agata



Comment cette période a affecté ou changé leur approche photographique ?

J’ai échangé avec de nombreux. ses photographes. J’en ai encouragé certain.e. s à produire encore. Je constate qu’ils, qu’elles ont continué à faire leur travail, à chercher des points de vue, à se demander où poser leur appareil car la volonté de continuer à faire des images était là. La recherche du spectaculaire, de l’ailleurs a été effacée par la contrainte de rester enfermé.e. s pour la plupart. Un questionnement très fort et intéressant sur la forme a surgi pour certain.e. s. 

J’ai aussi été invitée par le photographe Marc Lathuillière pour être commissaire et créer, avec lui et le graphiste Nicolas Balaine une exposition virtuelle autour de son travail « Musée national ». Il s’agissait d’une commande de l’Institut français de Bagdad. Cette incroyable et très singulière expérience nous a aussi permis de mener une réflexion et tenter une mise en abyme de ce que pouvait être la création en temps de crise sanitaire, de réfléchir au rapport au tout numérique, à la place de l’image dans tout cela, au rapport au masque. Je n’aurais jamais imaginé faire cela en d’autres temps. 

Quelle dimension particulière apporte le tirage de la photographie ?

“L’exposition passe par la phase de production du tirage. A chaque fois, un tirage est une interprétation d’une photographie originale à plat. Le format, le choix du papier, de la technique, des encres vont être des éléments constitutifs de la fabrication de l’objet « tirage » qui va être offert aux yeux du public. Exposer une image c’est engager un point de vue, faire un choix.

C’est un processus en plusieurs étapes. Il y a le travail du fichier puisque la photographie est bien souvent numérique aujourd’hui, puis le tirage sur matériau. J’ai toujours aimé accompagner les photographes dans cette étape de production. Entrer dans l’atelier du tireur, dans le labo et regarder ensemble les épreuves, les tests. Il faut savoir rester très discrète car c’est une étape subtile, qui se passe surtout entre eux deux. Mais c’est tellement passionnant. Et puis il faut pouvoir mettre son petit grain de sel quand se pose la question du format car dans une exposition, le choix du format du tirage, peut aussi venir modifier le statut de l’image exposée.

Un grand format isolé de « Errance » de Depardon raconte légèrement autre chose pour moi qu’un accrochage linéaire d’œuvre en formats 50X60 cm de la même série intégrant la même image par exemple. Et puis vient ensuite le choix de l’encadrement, ou du non encadrement. Chacun de ces éléments amène une dimension autre à la photographie.”

Avez-vous observée une relation particulière entre le photographe et son tireur ? 

“Oui absolument. C’est quelque chose que j’ai eu le loisir d’observer pendant mes longues années au sein de l’agence Magnum Photos. C’est un rapport très fort, qui se tisse dans le temps, une confiance totale que l’un met dans les mains de l’autre, un prolongement de sa création première. Si la prise la prise de vue est généralement une action solitaire, le tirage est un travail d’équipe. On pourrait peut-être émettre une comparaison semblable au cinéma entre le réalisateur et son monteur. Cela me fait souvent penser à cela.”

Quels sont vos projets pour 2022 ? 

“Plusieurs projets de commissariat : l’adaptation de l‘exposition « Arctic Blues » présentant sept ans de mission entre artistes et scientifiques océanographes à l’espace des Champs libres à Rennes, un projet autour du mythe de la Ville d’Ys avec le photographe Benjamin Deroche, « Alta pressão » une création entre la photographe Sandra Rocha et le musicien François Joncours dans le cadre de l’année France/ Portugal. Je continue à accompagner Raymond Depardon sur ses projets d’exposition. De l’écriture et puis une mission prochaine avec la Bibliothèque nationale de France. A suivre….”

Emmanuelle Hascöet – Commissaire d’exposition.

Diplômée en Lettres modernes à l’Université de Bretagne Occidentale, en études théâtrales (Cours Florent) et en Coopération artistique internationale à l’université de Paris VIII, elle a d’abord travaillé en tant que chargée de production et de programmation pour plusieurs festivals de cinéma et photographie (La CITA à Biarritz, Festival des 3 Continents à Nantes, Filmar en América Latina à Genève, Images au Centre à Paris). En 2002, elle s’installe en Amérique centrale afin d’y mener un travail de recherche sur l’histoire des réalisations audiovisuelles et photographiques dans l’isthme. Cette étude donnera lieu à une rétrospective au Festival des trois Continents de Nantes l’année suivante.


Elle rejoint Magnum Photos en 2005 en tant que coordinatrice des expositions et responsable de la collec?on. Depuis 2010, elle est responsable d’expositions pour Magnum Photos et commissaire et développe des projets culturels en France, Europe du sud et Amérique latine. Dans la suite logique de ses activités de commissariat, et avec la volonté de défendre de nouveaux ar?stes, la structure Fovearts a naturellement vu le jour en 2015 dans le but d’assurer de nouvelles missions d’accompagnement, de créa?on et de production. Elle anime également des ateliers professionnels et d’éducation à l’image en France et à l’étranger.

Pour suivre Emmanuelle Hascöet :

Raphael Alves, lauréat de l’appel à candidatures

Exposition FF Paranapiacaba chez Initial LABO

LES TERRITOIRES DE L’EAU 

Raphael Alves – Marcio Borsoi – Nilmar Lage –  Mergulha et Voa – Sheila Oliveira – Elza Lima – Julia Pontes – Marinele Ribeiro 

DU 23/09 AU 10/10 

Une célébration de la photographie aux confluents de la préservation des équilibres et des territoires créatifs.

Initial LABO, étroitement lié au territoire boulonnais, à choisie d'organiser une exposition hommage en partenariat avec l'agence BITL, l'agence GAMMA et une sélection de photographes fidèles au laboratoire.

Quel intérêt de garder tout pour soi ? C’est le plus beau cadeau que je puisse faire à mon père… Je suis reconnaissant à la ville de Boulogne-Billancourt d’avoir réalisé le rêve de la famille.”  

Jean-Paul Belmondo, à propos de la création du musée Paul-Belmondo inauguré en septembre 2010 et qui à étroitement lié à le nom de Belmondo à la commune.

“La Ville de Boulogne-Billancourt a perdu un ami. Acteur incontournable des célèbres studios de cinéma boulonnais et donateur, avec sa sœur Muriel et son frère Alain, du fonds d’œuvres sculptées par son père Paul, il a permis la création du musée consacré à l’artiste. Le nom de Belmondo reste à jamais lié à Boulogne-Billancourt”, pouvais t’on lire dans l’article consacré par la mairie de Boulogne-Billancourt à Jean-Paul Belmondo.

Initial LABO, étroitement lié au territoire boulonnais, à choisie d’organiser une exposition hommage grâce à la généreuse participation de l’agence BITL, l’agence GAMMA, le fonds de L’Équipe et des photographes Claude AzoulayRichard Melloul et Yan Morvan

Une relation étroite avec l’image

Durant toute sa carrière Jean-Paul Belmondo à été dans l”objectif des plus grands photographes, que ce soit au cinéma, dans le cadre de shootings ou bien dans sa vie personnelle.

Nous avons sélectionné plusieurs photographies qui représentent parfaitement sa joie de vivre et son énergie, elles seront visibles dans les vitrines de Initial LABO jusqu’au 23 octobre. Les tirages sont également disponibles à la vente (nous contacter pour tout renseignement)

Jean-Paul Belmondo lors du tournage du film de Jean-Paul Rappeneau ‘Les MariŽs de l’An II’ en aožt 1970 en Roumanie. Jean-Pierre BONNOTTE

Portrait de Jean-Paul Belmondo sur le tournage du film “Borsalino” en 1970.
Jean-Paul Belmondo lors du tournage du film ‘Tendre Voyou’ rŽalisŽ par Jean Becker ˆ Paris le 29 mars 1966, France

Exposition hommage Jean-Paul Belmondo – Initial LABO Boulogne-Billancourt

62, avenue Jean-Baptiste Clément 92100 Boulogne-Billancourt

anie Wenger, photographe documentaire à été sélectionnée pour exposer son travail "Sugar Moon" à l'occasion de la 33ème édition du Festival Visa pour l'image. Ce projet, qui à nécessité quatre années de travail, sera exposé pour la première fois. Une nouvelle étape que nous avons eu le plaisir de partager avec elle, les tireurs Yonnel Leblanc et Aurélie Guillou, étant en charge de donner vie à cette exposition.

“Les territoires de l’eau”, une exposition photographique proposée par Initial LABO en partenariat avec le Festival FF Paranapiacaba et IANDE

Du 23/09 au 10/10

Initial LABO et IANDE s’unissent pour créer un pont entre la culture photographique française et brésilienne. Pour cette première année, nous faisons découvrir le Festival de Paranapiacaba, qui célèbre la préservation des équilibres naturels, posant des questions pertinentes sur la durabilité, la mémoire et le patrimoine.

Cinq photographes sélectionnés, suite à un appel à candidatures, par un jury composé de Denise Camargo, Heloïse Conésa, Emmanuelle Hascoët, Glaucia Nogueira et João Kulcsar.

Raphael AlvesMarcio Borsoi Nilmar LageMergulha et Voa – Sheila Oliveira

Trois photographes invités par le président du Festival, João Kulcsar nous dévoilent leurs visions d’un Brésil, pays continent, à multiples facettes.

Elza LimaJulia Pontes Marilene Ribeiro 

Une célébration de la photographie aux confluents de la préservation des équilibres et des territoires créatifs.

Une amitié photographique franco-brésilienne

 Le Festival de photographie de Paranapiacaba (FFP) est une plateforme d’alphabétisation visuelle prônant la préservation des équilibres naturels,  les droits de l’homme et l’accès à l’éducation. Il aborde des questions pertinentes sur la durabilité, la mémoire et le patrimoine.  

Depuis 4 ans le festival œuvre pour exposer le travail des photographes sur les questions qui préoccupent la planète. Expositions, projections, conférences, rencontres mais également un programme dédié à la lecture de photographies pour les aveugles transforment le petit village de PARANAPIACABA (intérieur de l’état de Sao Paulo) en une rencontre incontournable des questions environnementales.

Cette quatrième édition du Festival est consacrée à l’eau, élément essentiel à la survie de tous les organismes.  

IANDE est une plateforme culturelle internationale ciblée sur la France, en vue de communiquer sur la photographie brésilienne. Iandé, qui signifie “Nous” est un trait d’union entre le Brésil et la France. 

Initial LABO de par son attachement continu à la photographie brésilienne, que se soit au niveau du Mécénat auprès de la Bibliothèque Nationale de France, de son soutien à l’association , SOS Assistances de Fotografia venant en aide aux assistants de photographes touchés par la pandémie ou bien par la riche sélection de livres brésiliens présents dans notre librairie.

Photographe lauréat 2021 : RAPHAEL ALVES  «RIVERSICK»

Manaus est, avec plus de 2 millions d’habitants, la plus grande ville de la région amazonienne. Située idéalement le long du Rio Negro et à proximité du confluent du Rio Negro et du Rio Solimões (qui marque le début du fleuve Amazone), rien n’a été prévu pour maîtriser harmonieusement son développement industriel.

La ville, bien que située au coeur de l’Amazonie, souffre du manque d’arbres et de la pollution de ses cours d’eau. C’est une capitale qui semble avoir tourné le dos à la nature.

La présence d’un pôle industriel faisait de Manaus un véritable eldorado pour les habitants d’autres régions du pays. La crise économique a provoqué des licenciements massifs, alimentant la violence et rendant les conditions de vie de ces habitants difficiles, les problématiques d’eau, d’assainissement et le déficit de logements, contribuent à la déforestation et à la pollution des rivières qui traversent la ville.

L’objectif de ce projet est de retranscrire visuellement les relations en conflits permanents entre l’être humain, la nature et l’espace urbain mais également de montrer les problématiques inhérentes à un village devenu, par une extension désordonnée, une mégalopole invivable.

Le nom de la série photographique, jeu de mots entre «seasick » (mal de mer) et «rivière», montre l’impression personnelle de l’auteur, toujours tiraillée entre le malaise causé par cette mégalopole et la nostalgie d’habiter une petite ville reconnaissable et conviviale – qui persiste dans sa mémoire, mais qui n’a peut-être jamais existé.

Odé. Eternal Now series, 1988. Photo by Mario Cravo Neto. Instituto Mario Cravo Neto Collection/IMS

Photographe Lauréat 2021 : MARCIO BORSOI «A fé que vem das águas, vem do azul suave…»

« Dans mon enfance, lorsque je dormais chez mes grands-parents, dans la chambre il y avait un oratoire et une image de « Yemanjá » à l’intérieur. Une femme en bleu tendre qui flotte sur l’eau. Sans rien comprendre au spiritisme, au candomblé… J’avais peur de cette figure

Quelque temps plus tard, j’ai réalisé la force de cette femme, la « dame des eaux ». Des eaux qui portent des fleurs, des requêtes, des parfums, la foi et apportent grâce, espérances et gratitude »

« A fé que vem das águas, vem do azul suave…”
La foi qui vient des eaux, vient du bleu doux…”

Um pequeno dormindo na casa dos avós. No quarto um oratório e dentro uma imagem, Yemanjá.
Un petit qui dort dans la maison de ses grands-parents. Dans la chambre, un oratoire et une image à l’intérieur, Yemanjá.

Uma mulher de azul suave que flutua nas águas.
Une femme en bleu tendre qui flotte sur l’eau.
Sem compreender coisas de espiritismo, candomblés… ele dormia no medo.
Sans rien comprendre les choses du spiritisme, n’y du candomblé… il dormait dans la peur.

Tempos depois se dá conta da força daquela mulher, a “senhora das águas”.
Quelque temps plus tard, il se rend compte de la force de cette femme, la « dame des eaux ».

As  águas que levam flores,pedidos, perfumes e fé.
Les eaux qui portent les fleurs, les prières, les parfums et la foi.

As águas que trazem agradecimentos, esperança, gratidões e também fé.
Les eaux qui apportent grâce, espérance, gratitude et aussi foi.

Hoje, a imagem daquele azul que representava o medo está perto dele, linda… e ele fotografa.»Aujourd’hui, l’image de ce bleu qui représentait la peur est proche de lui, beau… et il le photographe.

 

Photographe lauréat 2021 : NILMAR LAGE «Corpos Conflitantes»

“Corps en Conflit” est une expression issue du concept du sociologue Darcy Ribeiro. Cette série met en relief les paysans, les ouvriers, les servantes, les employés de nettoyage, les prostituées, leur point commun étant d’être presque tous analphabètes et incapables de s’organiser pour revendiquer.

Leur but quotidien est de s’intégrer dans un système qui, étant impraticable, les place dans la condition d’une classe intrinsèquement opprimée et dont la lutte devra être celle de rompre avec la structure des classes.

Défaire la société pour la refaire. Des hommes et des femmes dont les histoires de résistance sont interprétées par l’artiste à partir des champs ruraux et urbains, d’établissements, des populations riveraines et des familles affectées par les projets miniers.

« Avant de commencer cette série en 2003, j’avais envie de travailler sur la vie quotidienne de personnes en vulnérabilité. Entre 2005 et 2012, j’étais dans un conflit éthique personnel sur la façon de photographier ces personnes et de ne pas les exposer de manière négative, étant donné qu’elles étaient déjà exploitées par tous les impacts sociaux. C’est en 2012 que j’ai réussi à « résoudre » mon angoisse de manière éthique et esthétique, en minimisant la pertinence du visage, de la personne et en attirant l’attention sur le contexte, qui est un contexte plus généralisé et non individuel. Depuis, j’ai continué à photographier mes sujets d’intérêt, principalement liés à la défense des Droits de l’Homme, et à améliorer ma façon de représenter ces réalités. Si, d’un côté, je « supprime » la personnalité dans les images que je produis, de l’autre, je mets un point d’honneur à mettre le nom et le lieu dans la légende. »

Photographe lauréat 2021 : Mergulha e Voa «Plonge e Vole»

Les Arbres

Ce travail a consciemment commencé en 2020. Fabriqué à partir de la collection de materiaux organiques et des photographies. Les Arbres evoquent les relations humaines avec la nature, avec l’eau, ce qui existait et existe. Sans arbres il n’y a pas d’eau, il n’y a pas d’humanité et la photographie est ce chemin de réflexion pour revoir notre posture.

Mergulha e Voa, Vitória de Santo Antão, PE ; Artiste multimédia avec un diplôme en communication sociale avec spécialisation en photographie; Membre du Collectif Brincantes de Imagens ; Reikiana, Thetahealing.

Photographe lauréat 2021 : Sheila Oliveira «Cours d’eaux»

L’essai Cours d’Eaux – Histoires de convivence avec la sécheresse au Ceará (2017), raconte des histoires de vie avec la sécheresse au Ceará et montre des politiques publiques efficaces sur le combat de la sécheresse. L’oeuvre montre le parcours de résistance des habitants du Ceará au sein de cette région semi-aride.

Après des études de photographie à Paris en 1988, Sheila Oliveira se spécialise dans le photojournalisme à São Paulo, à l’Escola Focus, puis au sein de l’Agence France Presse,  et du journal Folha de São Paulo. 

En 2005, elle remporte le Prix Chico Albuquerque Photographie, du Secrétariat d’État à la Culture du Ceará avec son premier livre Carnaúba “l’arbre qui gratte”, Editora Tempo D’imagem. Son deuxième ouvrage, “Redes de Dormir”, publié en 2012, remporte le prix de l’avis public das Artes da Secultfor. 

Elle a été directrice/présidente de l’Ifoto – Instituto da Fotografia entre 2010 et 2011.

Photographe invité 2021 : Elsa Lima

Rio Amazonas , Pará.1998

 Photographe reconnue au Brésil pour son travail ininterrompu sur les espaces amazoniens et sa production. Depuis 1984 elle cherche inlassablement des scénarios ouverts capturant des situations oniriques d’une époque de changement accéléré.  Elle a exposé aux Etats-Unis (New York), Espagne, France, Suisse, Allemagne, Portugal, Chine.  Ses œuvres se trouvent dans des collections de musées tels que MASP, Centro Português de Fotografia.  Port.  Portugal, Kunstmuseum Des Kantons Thurgovie.  Suisse et MAM de Rio de Janeiro.  MER de Rio de Janeiro.  MAM de São Paulo.  Elle développe actuellement des travaux de recherche et de documentation sur les communautés riveraines de la région de la Basse Amazonie.

Photographe invité 2021 : Julia Pontes

Ó Minas Gerais ©Júlia Pontés 2016

 Julia Pontes est militante, photographe et chercheuse.

Depuis 2015 elle s’est  consacrée à dénoncer les ravages sociaux et environnementaux causés par l’exploitation minière.  Son travail a été récompensé par la Planetary Alliance of Harvard et ses images ont été publiées par Businessweek, Geo Magazine, Plurale, Portal G1, Feuille de São Paulo, Le temps, L´état de Minas, entre autres.

Elle est diplômée en photographie de l’International Center of Photography (ICP) en 2015, avec Fred Ritchin, doyen émérite de l’institution, comme l’un de ses mentors.  Elle a été choisie deux fois pour le Emerging Artists Program de la New York Foundation for the Arts.  Elle est actuellement titulaire d’une maîtrise en arts visuels à l’Université Columbia à New York.

Photographe invité 2021 : Marlene Ribeiro

Pará, Brazil, 2016 “I see my portrait in the river… I belong there. Regarding the object you asked me to choose, I wish I could take the facade of my house… my place is under the waters of Belo Monte dam now.”

 Née à Belo Horizonte, Minas Gerais, Marilene Ribeiro est une artiste visuelle, sa pratique mêle photographie, intervention et collaboration se focalisant sur les enjeux contemporains, l’identité et l’environnement.  

Ses projets ont été récompensés par la Royal Photographic Society, le Museum of Image and Sound – MIS et le Esso Journalism Award. Ses œuvres ont été exposées et publiées dans plusieurs pays.  Titulaire d’une maîtrise en écologie, conservation et gestion de la faune de l’UFMG (Brésil) et d’un doctorat en arts créatifs de l’University for Creative Arts / University of Brighton (Angleterre), Marilene a également suivi des cours à la School of Fine Arts de l’UFMG (Brésil) et la Central Saint Martins de l’University of London Arts (Royaume-Uni).

Collaboratrice avec le Latin America Bureau (Royaume-Uni) et Fast Forward: Women in Photography, un collectif international qui vise à affirmer la participation active des femmes photographes à l’histoire de la photographie et à stimuler et améliorer les connaissances des photographes du monde entier.  Co-fondatrtrice et membre du collectif Agnitio – Intervention Through Photography, un projet qui utilise la photographie comme outil de citoyenneté dans les communautés vulnérables du Minas Gerais.  

Collaboratrice à l’Instituto Biotrópicos (Brésil), une organisation non gouvernementale brésilienne axée sur la conservation de la biodiversité à travers l’art et la science.

Exposition Les Territoires de l’eau – Festival FF Paranapiacaba chez Initial LABO

LES TERRITOIRES DE L’EAU 

Raphael Alves – Marcio Borsoi – Nilmar Lage –  Mergulha et Voa – Sheila Oliveira – Elza Lima – Julia Pontes – Marinele Ribeiro 

DU 23/09 AU 10/10 

Réservation

Une célébration de la photographie aux confluents de la préservation des équilibres et des territoires créatifs.

“Un moment de photographie avec Initial LABO”

Dandy est la référence des magazines masculin de mode et de luxe . Il cultive les valeurs de l’élégance, du savoir être et du savoir vivre. Il s’attache à tout ce qui fait le style : l’habillement et l’accessoire, l’automobile, mais laisse aussi une large part à la culture. Initial LABO partage les même valeurs au sein de son concept store et c’est tout naturellement que Dandy nous à proposé d’écrire la rubrique “Un moment de photographie avec Initial LABO”. Vous pourrez y retrouver des interview de nos photographes (Emanuele Scorceletti, Stéphan Gladieu, Alizée le Maoult et Clarisse Rebotier ), mais également l’actualité des Festivals photographiques.

Dans le numéro 3 découvrez-en plus sur Alizée le Maoult ainsi que le festival Visa pour l’image en consultant l’article dans la rubrique spéciale “Un moment de photographie avec Initial LABO” dans le magazine Dandy.

Le Festival Escales photographiques ou festival du Mor Braz oaccroche depuis 2013 des reportages photos dans 6 communes de la Baie de Quiberon : Locmariaquer, La Trinité-sur-Mer, Plouharnel, Le Palais (Belle-Île-en-Mer), Houat et Hoëdic. Découvrez jusqu’au 31 octobre les expositions de Erwan Amice, Yann Audic, Erwan Balanca, Maud Bernos, Franck Bettermin, Denis Bourges, Daniel Cariou, Xavier Dubois, Charles Freger, Pierre Jamet, Laurent Laveder, Rodolphe Marics, Pierrot Men, Chris Miller, Emile Savitry…

Le festival « Escales Photos » est l’unique événement photographique en libre accès présent simultanément sur 6 communes de la Baie de Quiberon.

Les visuels grand format créent sur chaque lieu une découverte itinérante, un cheminement propre à inviter l’imaginaire, à emprunter des sentiers inconnus révélateurs d’émotions et fixateurs d’expériences uniques.

Trois nouvelles créations produites en exclusivité pour le festival vous seront proposées cet été, soit 15 expositions qui sont autant d’histoires pour raconter son territoire.

FABRICE LE HENANFF & FABRICE PICARD – La vie ici, la vie là-bas (LOCMARIAQUER)

Rencontres avec des hommes et des femmes qui venus d’un ailleurs proche ou lointain pour se construire une vie ici dans le Mor Braz (Morbihan).

Fabrice Le Hénanff, est né en 1972 à Quimperlé, en Bretagne, où il vit encore aujourd’hui. Licencié en Arts Plastiques de l’Université de Rennes, il illustre régulièrement les pages du quotidien régional Le Télégramme de Brest.

La photographie de Fabrice Picard est intime. Elle résonne des questionnements qu’il pose sur le monde qui l’entoure et sur son être. Ses premiers travaux sur le couple et sur les animaux sont directement liés à sa condition gémellaire. Pour lui, la photographie est le visage gémellaire du monde, tout comme le visage de son frère était le miroir de ce qu’il vivait. Membre de l’agence VU depuis 1988, Fabrice Picard a participé à plusieurs expositions personnelles et collectives à travers la France et l’Europe (Arles, Marseille, Paris, Genève, Munich, Lisbonne, Cracovie, Bruxelles, Moscou…).

JULIETTE PAVY – La mémoire des Îles (HOUAT)

Juliette vit entre Paris et la Bretagne. Diplômée en école d’ingénieur en biologie elle est également photojournaliste, elle travaille avec Le Parisien, L’Humanité, Libération, …

La photographe développe une approche documentaire de la photographie autour de thèmes sociétaux et environnementaux.

En 2020 elle a remporté le prix jeune de RDVI pour sa série sur la pêche à la crevette “Paardevisser”.

FRANCK BETERMIN – Le MOR BRAZ Déjanté pour les Escales photographiques (HOEDIC)

Cette nouvelle exposition est la dernière création du malicieux photographe Franck Betermin : « Le Mor Braz déjanté » où comment mêler poésie, humour et patrimoine !

Formé aux arts et techniques visuels, Franck Betermin use de son regard comme d’un sixième sens pour révéler la profondeur d’âme et de champ de tout objet ou sujet qu’il prend pour cible. Élevé dans les coulisses de la compagnie de marionnettes de son père, il maîtrise désormais les ficelles de la mise en scène et offre le décor adéquat à chaque reportage qu’il entreprend.

Questions Xavier directeur du Festival Escales Photographiques de la baie de Quiberon

anie Wenger, photographe documentaire à été sélectionnée pour exposer son travail "Sugar Moon" à l'occasion de la 33ème édition du Festival Visa pour l'image. Ce projet, qui à nécessité quatre années de travail, sera exposé pour la première fois. Une nouvelle étape que nous avons eu le plaisir de partager avec elle, les tireurs Yonnel Leblanc et Aurélie Guillou, étant en charge de donner vie à cette exposition.

Ana Maria Arevalo Gosen, à documentée les conditions de détention des femmes en Amérique latine, son travail à été primé par l’association Camille Lepage lors du Festival Visa pour l’image – Perpignan. L’Association Camille Lepage – On est ensemble a été créée le 20 septembre 2014, quelques mois après la mort de Camille Lepage en Centrafrique. Cette association a pour but de promouvoir la mémoire, l’engagement et le travail de Camille.

Pour la cinquième année consécutive, la SAIF, Société des auteurs des arts visuels et de l’image fixe, s’engage pour financer le prix à hauteur de 8 000 euros afin d’encourager le travail d’un photojournaliste engagé au long cours

Pour l’occasion nous avons échangé avec Ana Maria, son état d’esprit à la veille de cette première, sa manière de travailler sur ce projet et la suite qu’elle souhaite y donner. Découvrez cet échange en intégralité suivis d’une présentation de sa série “Dias Etenos”.

Échauffement avant de jouer au volley. Le programme pour les détenues comprend des cours, des séances de sport, des ateliers de motivation et de discipline, des ateliers d’art et d’artisanat. La peine de prison a pour but de transformer et d’éviter la récidive. Les crédits pour bonne conduite peuvent mener à une libération anticipée.Prison d’État, Maracaibo, Venezuela, décembre 2018.© Ana María Arévalo GosenLauréate du prix Camille Lepage 2021, soutenu par la Saif

Visa pour l’image, un rendez vous unique.

“UAUUU !!!! C’est un immense honneur d’être projetée durant cette édition de Visa, et j’en suis très reconnaissant. Surtout après avoir rencontré Maryvonne Lepage et les membres de la Saif, qui travaillent d’arrache-pied pour soutenir notre profession.
Une partie de ma mission avec Dias Eternos est de faire passer le mot autant que je peux, pour amener un public plus large à parler de ce problème. Cela signifie beaucoup pour moi qu’ils soutiennent ma mission et j’ai hâte de continuer !”

“Dias Eternos”, un travail immersif et sensible.

“Une fois, un très bon photographe que j’admire beaucoup m’a dit que je devrais tomber amoureuse des gens que je photographie. Depuis, j’essaye de trouver chez mes protagonistes un lien, quelque chose qui nous unit, ça peut être n’importe quoi, d’une pensée en commun à un simple regard : le besoin de mieux connaître quelqu’un se voit facilement dans les yeux de L’autre. J’ai tendance à travailler avec des gens qui veulent participer activement au projet, de cette façon mes photographies prennent inévitablement une autre profondeur.
Je discute avant avec mes protagonistes, je me présente, leur parle du projet que je fais, et j’ai un échange, parfois court ou long, puis, petit à petit, presque par intuition, la caméra se prend dans ma main , et je commence à photographier.

Dans ce projet, “Dias Eternos”, il était important de dialoguer avec les protagonistes, de nombreuses femmes salvadoriennes mourront en prison, leur peine dépasse les 100 ans, elles m’ont demandé de communiquer sur leurs situations, de demander aux gouvernements et aux représentants de leur permettre de revoir leurs enfants, d’aller dehors pour voir le soleil… Au Venezuela, elles sont abandonnées par le gouvernement, donc pour elles, c’est très agréable d’avoir quelqu’un qui s’occupe d’elles, de leur rendre visite, leur parle, leur demande comment elles se sentent, je me suis toujours senti en sécurité avec elles, nous nous traitons avec respect.

Rester en contact avec les prisonnières est difficile parce qu’à l’intérieur des prisons, elles ne sont pas autorisés à avoir des appels téléphoniques, et dans les centres de détention, elles ne restent pas longtemps… Mais je reste en contact avec certaines femmes qui ont quitté le centre de détention et sont libres maintenant. J’essaie de leur parler de leur processus de réinsertion dans la société, ce qui est terriblement difficile. elles sortent de cette expérience traumatisées, douloureuse, elles ont un sentiment de honte, souvent, la question qu’elles se posent est : qu’est-ce que je fais maintenant ?”

Poli-Valencia, Venezuela – March 2018. Maria kisses her daughter on visitation hours.She is 35 years old and accused of robbery. She was fierced by other immates for her violent behaviour and had several mental health problems.

Les suites de la série.

“Je vais parcourir lentement et patiemment chaque pays et prendre le temps de comprendre les particularités des raisons pour lesquelles ces femmes sont en prison et aussi documenter les conditions dans lesquelles elles se trouvent. Il est important que je complète le travail avec des choses qui me manquent, par exemple au Salvador, je suis allée à la maternité de la prison, que je n’ai pas visitée au Venezuela. J’ai également mené de très longs entretiens avec des femmes qui étaient en prison mais qui sont maintenant libérées pour mieux comprendre le processus de réinsertion et comment cette expérience les affecte. Ces femmes appartenaient au gang La Mara Salvatrucha, d’autres essayaient de sortir de la vie de gang et d’autres faisaient partie du groupe las 17, qui regroupe des femmes qui étaient en prison pour avortement.

Actuellement, je travaille avec le designer vénézuélien Ricardo Baez sur le livre de Dias Eternos of Venezuela.”

ILOPANGO, SAN SALVADOR, EL SALVADOR. – March 8, 2021. A woman sentenced to 8 years in prison poses for a portrait inside her cell in the sector D exclusive for women sentenced for gang related crimes. The tattoo on this woman’s forehead is the number 18 in Roman numerals and also the name of one of the main gangs in the country.

DÍAS ETERNOS.

Au Venezuela, le système de justice pénale ne fonctionne pas de la même manière pour tout le monde. Il supprime les droits des membres les plus pauvres et les plus vulnérables de la société. Des milliers de femmes, la plupart en attente de jugement et présumées innocentes, sont détenues pendant 45 jours, mais la crise vénézuélienne a complètement modifié cette notion.

La situation à l’intérieur des centres de détention est un cauchemar. Ils sont sombres, chauds, surpeuplés et claustrophobes. Les détenues ne reçoivent ni nourriture, ni eau, ni soins médicaux. Certaines sont abandonnées par leur famille et ont besoin d’une aide extérieure pour survivre.

Les femmes ne sont pas séparées des hommes (sans parler des transgenres et des mineurs). Il n’y a pas de séparation entre les criminels condamnés et les personnes en attente de jugement. Les femmes enceintes présentent des infections et une perte de placenta, une complication potentiellement mortelle.

Vivre dans ces conditions ne permet ni la réhabilitation ni la réconciliation. “Quand nous sortirons d’ici [de la prison], si nous le faisons, nous serons des gens pires qu’avant la prison”, a déclaré Yorkelis (21 ans), qui a été détenu il y a deux ans. Elle appelle « Chinatown », une prison dont la cellule unique est surpeuplée de 60 femmes, sa maison.

Certaines de ces femmes sont victimes d’abus dans leur famille ou de coercition par des hommes pour commettre un crime. Les motifs de leur détention sont liés à la drogue, au vol ou à caractère politique. Erika Palacios, est la première femme accusée de la « Loi contre la haine », qui interdit toute manifestation contre le gouvernement.

Face à cette terrible réalité carcérale, un débat public et une action politique au Venezuela et dans la société latino-américaine sont nécessaires et doit témoigner sur la souffrance de la population incarcérée afin d’aider à remédier à certains de ces problèmes. Il est urgent de contribuer à la mise en place d’institutions pénitentiaires qui ne violent pas les Droits de l’Homme des détenus.

Le prix Camille Lepage remis à Ana Maria Arevalo Gosen durant le Festival Visa pour l’image lui permettre de poursuivre son travail.

LA YAGUARA CENTER OF DETENTION, CARACAS – March 2018. The leg of Hainni, 17, also goes by the name of “38”, which is the caliber of the gun that is tattooed on her leg. She was accused of homicide.

“Dias Eternos” de Ana Maria Arevalo Gosen a été réalisé avec le soutien de la bourse 2018 Women Photograph + Nikon et d’une bourse de voyage Pulitzer Center on Crisis Reporting.

Retrouvez prochainement une interview de Ana Maria Arevalo Gosen dans notre podcast MANDARINE.

POLI-VALENCIA, CARABOBO – February 2017. Jakelin Rivero, 21, charged with robbery, is eight month pregnant. She waits to have a bath with buckets of water at an improvised outdoor toilet made from a cardboard by the police. About a hundred detainees use the same toilet bowl and shower in the same place.

Pour suivre le travail de Ana Maria Arevalo Gosen :

Photographe documentaire, Giles Clarke à été sélectionnée pour exposer son travail sur le Yemen à l’occasion de la 33ème édition de Visa pour l’image.

Pour l’occasion nous avons échangé avec Giles, son état d’esprit à la veille de cette première, sa manière de travailler le tirage et ces débuts comme tireur à Londres. Découvrez cet échange en intégralité suivis d’une présentation de sa série “Yemen : conflit et chaos”.

Cette petite fille et sa famille ont fui les combats et sont à Marib depuis une semaine. Ils attendent de savoir s’ils ont droit à une aide d’urgence de l’ONU de 150 dollars. Centre de distribution d’aide en espèces du HCR, Marib, Yémen, décembre 2020. © Giles Clarke pour l’ONU / OCHA Photo libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 33e édition du Festival International du Photojournalisme “Visa pour l’Image – Perpignan” 2021

L’importance d’exposer à Visa pour l’image.

“C’est très important pour moi d’être sélectionné pour Visa pour l’image – Perpignan. Je respecte profondément la vision de Jean François et de son équipe. Ce festival est unique en ce qu’il se consacre uniquement au photojournalisme et au reportage. Parmi tous le festival, c’est celui ou, nous les photojournalistes, voulons montrer notre travail en premier.

Les débuts à Berlin-Ouest

Après avoir quitté l’école au Royaume-Uni, je ne savais pas quoi faire de ma vie alors j’ai déménagé à Berlin-Ouest au milieu des années 80. J’ai rapidement travaillé comme assistant camera 16mm pour une société de production d’informations, je passais mon temps libre à photographier les rues de Berlin-Ouest .

J’ai rapidement construit ma propre chambre noire dans l’appartement d’un ami et j’ai commencé à prendre des photos. Ma toute première mission était à Berlin-Est pour le Daily Express britannique à Berlin-Est en 1986 – un travail qui m’a fait arrêter et détenu pendant 12 heures dans une cellule à Checkpoint Charlie. J’ai été interdit d’entrer en Allemagne de l’Est pendant un an !

Berlin-Ouest à l’époque était un endroit étrange où vivre – une scène artistique fantastique mais encore beaucoup de ruines de guerre partout. La ville était entourée d’un haut mur et de gardes armés. Les trois années où j’ai vécu là-bas ont été un moment fort pour moi. C’était une ville grise mais visuelle… et l’endroit où j’ai eu pour la première fois envie de raconter des histoires avec une caméra.

J’ai utilisé un appareil photo Olympus OM2 et un film Kodak Tri-X. Je photographiais la ville pendant quelques jours, puis je disparaissais dans la chambre noire pour quelques longues nuits de développement et d’impression de films. C’était mon propre apprentissage vivant… et là où tout a commencé. faire l’amalgame entre le photographe et le sujet photographié. Cette distinction est importante.”

L’apprentissage du tirage photographique.

“J’ai travaillé pendant 10 ans en tant que tireur noir et blanc professionnel avec la plupart des travaux orientés vers la photographie commerciale comme la mode et la beauté. Pour moi, il s’agissait toujours de comprendre l’équilibre entre les niveaux de gris, la tonalité et le cadrage – et ensuite cette relation subtile avec le sujet dans l’image.

J’ai aussi appris à travailler vite et sous la pression du temps, ce qui m’a beaucoup aidé depuis. Travailler dans le studio Avedon au milieu des années 1990 a été un moment fort – traiter des négatifs de film 10 par 8 et imprimer des feuilles contact pendant la nuit. Il descendait tôt le matin et voyait comment nous allions.

La relation tireur-photographe.

Un bon tireur doit comprendre ce que le photographe essaie de dire ou de communiquer. Souvent, nous expérimentons différentes chimies et différents papiers. Comment créer une série d’images qui communique au mieux la vision du photographe pour cette histoire particulière ?

En fin de compte, il s’agit de comprendre les niveaux de gris et de savoir comment les utiliser. Une telle gamme de tons était possible avec un bon négatif. Pensons-nous à un look doux et tonal ou allons-nous pour une sensation dure et contrastée ? Il s’agissait toujours d’explorer les possibilités. Toutes ces réflexions m’ont aidé aujourd’hui lorsque je retouche des images – en couleur ou en noir et blanc.

Je dis souvent aux étudiants en photographie que si jamais vous avez la chance de travailler dans une chambre noire, faites-le ! Je pense que c’est une partie créative importante du processus…..travailler avec de la lumière projetée, un négatif et du papier photo revient à l’essentiel et il faut poser différentes questions… contrairement au fait de rester assis devant un ordinateur.”

2019 – 2021, une période particulière.

“J’habite à Harlem NY et j’ai couvert les protestations des infirmières et du personnel médical pendant les premiers jours sombres de la pandémie. Je parcourais la ville dans différents hôpitaux. J’ai également passé 6 semaines au Yémen en novembre et décembre 2020, ce qui constitue l’essentiel du travail qui sera exposé dans mon exposition à Perpignan cette année.

La pandémie a également été un moment important pour moi car elle m’à imposée d’arrêter de voyager un instant. J’avais besoin de revenir sur les dernières années de travail et de réapprendre à être à nouveau immobile. Courir vers des zones de conflit tous les deux mois devient fatiguant… et il y a plein histoires qui se passent en bas de ma rue, à Harlem et qui méritent d’être racontées.”

Des migrants d’Afrique de l’Est arrivés à bord de bateaux de passeurs depuis l’Afrique du Nord attendent les contrôles sanitaires assurés par une équipe médicale mobile de l’Organisation internationale pour les migrations. Ras Al-Ara, Lahij, Yémen, novembre 2020. © Giles Clarke pour l’ONU / OCHA Photo libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 33e édition du Festival International du Photojournalisme “Visa pour l’Image – Perpignan” 2021

Giles Clarke, au coeur du chaos.

En mars 2015, une coalition dirigée par l’Arabie saoudite et soutenue par plusieurs gouvernements occidentaux dont les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, a lancé une campagne de bombardements aériens intense et prolongée contre le Yémen. Selon l’ONU, la guerre a fait au moins 230 000 victimes. Une grande partie des infrastructures déjà fragiles du pays ont été détruites.

La coalition militaire est intervenue après que les rebelles houthis ont renversé le gouvernement reconnu par la communauté internationale à la fin de 2014. À mesure que la guerre s’étendait, les Houthis se sont progressivement rapprochés de l’Iran et ont pris le contrôle de vastes régions du Yémen.

Les civils premières victimes collatérales.

Depuis 2015, la guerre se mène sur de nombreux fronts qui ne cessent de se déplacer, d’Hodeida sur la mer Rouge à la ville aujourd’hui divisée de Taïz. En 2020, des combats ont éclaté dans la région désertique de Marib alors que les Houthis cherchaient à rejoindre les champs pétroliers du pays. Selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, près de quatre millions de personnes ont dû fuir et vivent désormais dans des camps pour déplacés internes.

Le Yémen est confronté à la plus grande crise humanitaire au monde, et le prochain chapitre de cette tragédie s’annonce encore sombre. Les Nations unies estiment que la plupart des victimes de la guerre sont mortes de « causes indirectes », à savoir la maladie et la famine. Depuis le début de la pandémie mondiale en mars 2020, la propagation du Covid-19 a été difficile à suivre au Yémen. Les rapports sont invérifiables et les infrastructures de santé insuffisantes, mais des images satellites ont révélé plusieurs fosses communes dans certaines zones.

Une situation mouvante.

Depuis 2016, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite continue d’imposer un blocus sur les biens de première nécessité dans les ports de la mer Rouge desservant une grande partie du nord du Yémen, et les denrées alimentaires sont inabordables en raison des restrictions portuaires et de diverses complications. Avec l’évolution permanente des lignes de front entre les forces gouvernementales yéménites et les forces houthies ainsi que la présence d’Al-Qaida et d’autres groupes militants dans le pays, les combats incessants ont interrompu la distribution de l’aide humanitaire, et la menace de la famine commence à planer sur le pays.

L’exposition montre un pays fracturé par la guerre et les rivalités tribales, un pays où les civils sont condamnés à une lutte perpétuelle, piégés dans un présent hanté.

Texte : Giles Clarke pour Visa pour l’image

Ces reportages ont été réalisés avec l’aide de l’ONU (UN OCHA)

Des enfants dans leur ancienne salle de classe détruite par une frappe aérienne en juin 2015. Les cours sont maintenant dispensés sous des tentes de l’UNICEF. Depuis le début de la guerre en 2015, plus de quatre millions d’enfants sont privés de scolarité. École Aal Okab, Saada, Yémen, avril 2017. © Giles Clarke pour l’ONU / OCHA Photo libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 33e édition du Festival International du Photojournalisme “Visa pour l’Image – Perpignan” 2021

Exposition de Giles Clarke, “Yemen, Conflit et Chaos” est visible dans le cadre du Festival Visa pour l’image au Couvent de Minimes du 28 août au 26 septembre 2021 de 10h à 20h, entrée libre

Retrouvez prochainement une interview de Giles Clarke dans notre podcast MANDARINE.

Les expositions phares du festival photo Visa pour l’image 2021 par Initial LABO, nos tireurs, Yonnel Leblanc et Aurélie Guillou, ont eu le plaisir de travailler sur l’exposition rétrospective de Vincent MUNIER.

Visa pour l’image vous plonge dans un monde poétique

À travers cette exposition, Vincent Munier invite les visiteurs de Visa pour l’Image à déployer leurs ailes pour un voyage poétique tout naturel, sans frontières géographiques, avec la beauté du monde sauvage pour horizon.

Un voyage en quête de lumières, d’abord : celles, subtiles, des moments crépusculaires du petit matin et du soir ; la lumière aveuglante de la neige, la lumière ouatée de la brume ; celle du clair de lune, celle qui subsiste même dans la nuit noire. Un voyage en quête de rencontres, bien sûr : un bestiaire sauvage s’expose ici, de la minuscule fourmi au grand cerf, du modeste moineau à la panthère des neiges, de l’invisible lièvre arctique à l’ours polaire.

Vincent Munier, à la rencontre de la nature.

La rencontre avec l’oiseau est bien souvent la plus fugace – le temps d’un froissement de plumes… il a déjà glissé ailleurs. Les plus grandes espèces offrent davantage de temps au photographe pour penser son cadrage, en prenant la pose : grues du Japon en parade amoureuse sous la neige, manchots empereurs serrés en colonie pour affronter le blizzard, harfangs des neiges en chasse dans les vastes étendues blanches.

Pour rencontrer les grands mammifères terrestres (ours brun, ours blanc, lion d’Afrique, loup arctique…), l’approche est différente : le photographe acquiert une connaissance fine des milieux et territoires sur lesquels ils évoluent, et se fait pisteur. Il lui faut lire les traces plus ou moins ténues des passages répétés des animaux, repérer les places de chasse, de parade ou de repos, afin de pouvoir élire le meilleur poste d’observation pour dresser son affût, ou simplement s’allonger à ras de terre, sous un filet de camouflage, derrière un rocher ou sous le couvert végétal. Se fondre dans le décor, masquer son odeur, émettre le moins de sons possible ; l’activité est solitaire et la magie opère bien plus facilement si le photographe est seul sur le terrain, tous ses sens en éveil.

Portrait de loup arctique dans la brume. Île d’Ellesmere, Nunavut, Canada. © Vincent Munier Photo libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 33e édition du Festival International du Photojournalisme “Visa pour l’Image – Perpignan” 2021

Une photo, le frisson de l’attente.

Quel que soit le continent, quel que soit le paysage arpenté, qu’il soit finalement tout proche ou extrême, les moteurs sont les mêmes pour Vincent Munier : vivre et revivre l’espoir d’avoir choisi « le bon endroit, le bon moment », le frisson de l’attente, et l’émerveillement lorsque la bête surgit.

Parade de tanchos (grues du Japon). Hokkaido, Japon. © Vincent Munier Photo libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 33e édition du Festival International du Photojournalisme “Visa pour l’Image – Perpignan” 2021

Montrer la beauté du monde a-t-il encore du sens aujourd’hui, à l’heure où chaque strate de notre environnement se trouve dégradée, où quasi chaque objet de notre quotidien masque un désastre écologique ?

Vincent Munier se pose cette question depuis de nombreuses années et la soumet avec sincérité au public de Visa pour l’Image et à ses confrères du photoreportage. Célébrer la beauté de la nature ou témoigner des atteintes qui lui sont faites : les deux démarches ont sans doute leur place et relèvent d’un engagement qui peut être tout aussi profond et lucide.

Chacun d’entre nous a besoin de côtoyer la beauté dans son existence. Et notre émerveillement, doublé d’une meilleure connaissance / éducation à l’environnement, a indubitablement pour corollaire le désir de le protéger. « Se contenter du monde, lutter pour qu’il demeure », écrit Sylvain Tesson. Dans cette lutte, l’humilité et la responsabilité des humains face au reste du monde vivant devraient peser le même poids et marcher ensemble.

Charge de yack sauvage. Qinghai, hauts plateaux du Tibet. © Vincent Munier Photo libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 33e édition du Festival International du Photojournalisme “Visa pour l’Image – Perpignan” 2021

Vincent Munier– Photographe animalier.

Vincent Munier est photographe animalier et naturaliste. Né dans les Vosges, en France, Vincent se passionne pour la photographie dès l’âge de 12 ans, passant la majeure partie de son enfance à photographier les animaux sauvages des forêts de sa région natale.


Vincent nourrit un profond respect et une grande passion pour la nature, et a photographié la faune sauvage aux quatre coins du monde. Parmi ses projets les plus remarqués figurent les loups blancs immortalisés sur l’île d’Ellesmere au Canada, ainsi que les cygnes et les grues prises sur l’île japonaise d’Hokkaido.


Vincent est le premier photographe à avoir reçu le prix du Photographe BBC Wildlife de l’année, « Erik Hosking Award », trois années de suite. Ses photographies sont exposées dans les galeries d’art et publiées dans divers magazines prestigieux à travers le monde. Il a publié ses propres livres de photographie chez Kobalann, la maison d’édition qu’il a fondée en 2010.

Le Festival photo Visa pour l’image présente une exposition rétrospective de Vincent Munier

Exposition visible au Couvent des Minimes du 28 août au 26 septembre 2021 de 10h à 20h, entrée libre

Retrouvez prochainement une interview de David Burnett dans notre podcast MANDARINE.

Les expositions phares du festival photo Visa pour l’image 2021 par Initial LABO, nos tireurs, Yonnel Leblanc et Aurélie Guillou, ont eu le plaisir de travailler sur l’exposition “les séniors du sport” par David Burnett.

Les séniors et l’amour du sport

Mon métier de photographe me fait parcourir le monde depuis plus de cinquante ans pour couvrir les événements internationaux les plus marquants. Mais c’est aux États-Unis que j’ai découvert les compétitions sportives réservées aux seniors, femmes et hommes, qui voient s’affronter des amateurs acharnés, d’autres qui se sont lancés après leur retraite, ainsi que d’anciens athlètes que l’âge a fait disparaître des grandes rencontres. Ils ont de 55 à 90 ans et plus. Toutes et tous partagent une même solidarité et un même désir de contrer la marche du temps.

J’ai vite compris tout ce que j’avais en commun avec eux : l’amour du sport, l’attrait de la compétition et l’entrée progressive dans une nouvelle tranche de vie. Depuis 1984, je couvre chacun des Jeux olympiques d’été en transportant toutes sortes d’appareils photo, ce qui constitue une véritable activité sportive. Ici, j’ai allégé mon dispositif en travaillant sans jamais recadrer les images, uniquement avec des boîtiers numériques et des objectifs qui produisent des formats légèrement différents.

L’équipe de hockey sur glace des Gray Wolves (les loups gris) entoure Marsh Webster, hockeyeur de 95 ans (tee-shirt blanc), Skaneateles, New York, septembre 2018.© David Burnett / Contact Press Images Photo libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 33e édition du Festival International du Photojournalisme “Visa pour l’Image – Perpignan” 2021

Une forme vitale intacte.

L’âge, à mesure qu’il devient « grand », cloisonne toute une population et tend à la rendre invisible dans une société normée par les apparences d’une jeunesse éternelle. La pandémie a rappelé de façon dramatique l’existence des seniors en soulignant leur fragilité et leur besoin de protection, et interroge avec force sur la perception que chacun se fait de la vieillesse. Vulnérables, les seniors ? Je montre qu’ils ne le sont pas tous. Bien sûr, les sportifs que j’ai suivis ont des rides, leur corps est parfois courbé, enrobé aussi, plus raide, leurs mains déformées, leurs performances ne sont pas spectaculaires, mais leur force vitale est intacte et leur compétitivité puissante. Le plaisir de l’effort et du résultat, aussi modeste soit-il, emporte tout.

Match de basket femmes opposant les Silver Slammers (les marqueuses d’argent) à l’équipe de A League of Their Own (les exceptionelles), National Senior Games, Birmingham, Alabama, juin 2017.© David Burnett / Contact Press ImagesPhoto libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 33e édition du Festival International du Photojournalisme “Visa pour l’Image – Perpignan” 2021

Le sport, un nouveau cycle de vie pour les séniors.

Marsh Welsh, hockeyeur sur glace de 95 ans, suscite ainsi l’admiration d’un de ses coéquipiers plus jeune : « Si vous l’aviez vu à 80 ans, on aurait dit qu’il volait ! » Ces athlètes aux cheveux blancs incarnent un modèle différent du sport. Le maintien d’une certaine condition physique préserve leur santé et donne une tout autre allure au quatrième cycle de la vie. En réalisant ce sujet aux États-Unis, qui offrent une exceptionnelle variété d’activités sportives, cela me permet de montrer des populations de diverses origines, unies dans un même dépassement de soi.

Les droits humains sont au cœur de ma photographie et je cherche à transmettre une meilleure compréhension du monde. Dans ces images stimulantes des seniors, je vois une forme d’espoir en notre capacité à évoluer et à nous accomplir, à tout âge. C’est une source d’inspiration pour des millions de personnes, toutes classes sociales confondues. Le Français Robert Marchand, surnommé « le plus vieux cycliste de la planète », recordman de l’heure chez les plus de 105 ans et mort en mai dernier à l’âge de 109 ans, déclarait : « Tous les records sont battus un jour ou l’autre, le plus difficile c’est de vivre cent ans. » On peut toujours essayer.

David Burnett

Nage en eau libre, catégorie plus de 70 ans, South End Rowing Club, San Francisco, Californie, mai 2018.Men’s © David Burnett / Contact Press ImagesPhoto libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 33e édition du Festival International du Photojournalisme “Visa pour l’Image – Perpignan” 2021

David Burnett – Photojournaliste américain.

À partir 1979, il publie de nombreux articles sur la révolution iranienne dans Time (en particulier un portrait de l’ayatollah Khomeini pour « Homme de l’Année »).

Il est diplômé de Colorado College en 1968 et commence à travailler comme photographe pigiste pour Time et Life, d’abord aux États-Unis puis au Viêt Nam. Après deux années au Viêt Nam, il rejoint l’agence photo Gamma et parcourt le monde pendant deux ans pour son service de presse.

En 1975, il cofonde, à New York, une nouvelle agence photo, Contact Press Images. Depuis 30 ans, il voyage et travaille beaucoup pour la plupart des grands magazines aux États-Unis et en Europe. Il couvre les Jeux olympiques d’été depuis 1984.

En 2004, Burnett utilise une chambre photographique « Speed Graphic », un appareil grand format, avec un objectif 178 mm f/2.5 Aero-Ektar récupéré d’un appareil K-24 pour la photo aérienne, pour couvrir la campagne présidentielle de John Kerry.

Burnett a remporté des dizaines de récompenses de premier plan pour son travail, en particulier :
en 1973, Prix Robert Capa Gold Medal du « Overseas Press Club » pour son travail au Chili en collaboration avec Raymond Depardon et Charles Gerretsen, « Magazine Photographer of the Year » de la « National Press Photographers Association », en 1979, le World Press Photo de l’année.

L’exposition les séniors du sport par David Burnett est visible a la Maison de la catalanité du 28 août au 26 septembre 2021 de 10h à 20h, entrée libre

Retrouvez prochainement une interview de David Burnett dans notre podcast MANDARINE.

Les projections en plein air au Campo Santo sont devenus un des moments forts de chaque édition du Festival Visa pour l’image. Elles font leur retour pour cette 33ème édition, découvrez une sélection des séries projetées. Nous avons également échangé avec les photographe afin de connaitre mieux leur travail, leur situation du fait de la pandémie et leurs projets pour 2022.

Le Monde au coeur du Campo Santo

Les soirées du Festival Visa pour l’Image retracent les événements les plus marquants de septembre 2020 à
août 2021. Chaque soir, du lundi au samedi, les projections débutent par une «chronologie» retraçant deux mois d’actualité de l’année écoulée. Sont ensuite développés différents sujets et points de vue liés aux faits de société, aux conflits, ceux dont
on parle et ceux que l’on tait, aux différents constats de l’état du Monde. Visa pour l’Image propose aussi des «rétros», retour sur des faits ou des personnalités majeurs de l’Histoire. Les différents prix Visa pour l’Image sont également remis lors de ces soirées.

YASUYOSHI CHIBA – Ethiopie – Conflit dans le Tigré

Yasuyoshi Chiba est le photographe en chef de l’Agence France-Presse (AFP) pour l’Afrique de l’Est et l’océan Indien, actuellement basé à Nairobi, au Kenya.

Après des études de photographie à la Musashino Art University de Tokyo, il a commencé à travailler comme photographe pour Asahi Shimbun. Il devient photographe indépendant et s’installe au Kenya en 2007, puis rejoint l’AFP au Brésil en 2011.

15000 personnes ont trouvé refuge dans le camp d’Oum Raquba dans l’est du Soudan, à 80 km de la frontière. Ce camp tentaculaire a été construit au début des années 1980 pour secourir les habitants qui fuyaient la famine en Ethiopie. Selon l’ONU, près de 4% des réfugiés ont plus de 60 ans, voire plus de 70 ans. Certains d’entre eux sont arrivées seuls et ont perdu la trace de leurs proches, explique l’AFP.

FINBARR O’REILLY & MARK SEALY – Congo in conversation

Finbarr O’Reilly est un photographe indépendant et journaliste multimédia, et l’auteur du mémoire de non-fiction, Shooting Ghosts, A U.S. Marine, a Combat Photographer et Their Journey Back from War (Penguin Random House 2017). Finbarr a vécu pendant 12 ans en Afrique occidentale et centrale et a passé deux décennies à couvrir les conflits au Congo, au Tchad, au Soudan, en Afghanistan, en Libye et à Gaza. Il est le photographe de l’exposition du prix Nobel de la paix 2019 (exposition « Crossroads Ethiopia » autour du prix Nobel de la paix 2019 Abiy Ahmed Ali) et un collaborateur fréquent du New York Times. Son travail photographique et multimédia a remporté de nombreux honneurs dans l’industrie, dont la première place dans la catégorie Portraits aux World Press Photo Awards 2019. Il a également remporté le World Press Photo of the Year en 2006.

Mark Sealy s’intéresse aux relations entre la photographie et le changement social, la politique identitaire, la race et les droits humains. Il est directeur de l’institution d’art photographique basée à Londres Autograph ABP depuis 1991 et a produit de nombreuses publications d’artistes, organisé des expositions et commandé des photographes et des cinéastes du monde entier, y compris l’exposition acclamée par la critique ‘Human Rights Human Wrongs’ au Ryerson Image Centre, Toronto en 2013 et à The Photographers’ Gallery, Londres en 2015. Parmi les projets notables, citons l’exposition “The Unfinished Conversation: Encoding / Decoding” pour la Power Plant Contemporary Art Gallery de Toronto et des expositions acclamées sur les œuvres de James Van Der Zee, Gordon Parks, Carrie Mae Weems, Rotimi Fani-Kayode, Mahtab Hussain et Maud Sulter. En 2020, il a organisé la biennale Houston Fotofest, «African Cosmologies: Photography, Time And the Other».

What we have to do, on this side of the Equator, is think about how we help generate and tell those more complex stories, to help audiences see differently. We must break the chains of those visual burdens, which represent African countries in a way that has been historically and culturally debasing.

Mark Sealy
Bukavu’s fashionistas show off their style on a street this month. Raissa Karma Rwizibuku for Fondation Carmignac

Syrie – 10 ans de guerre

Le 15 mars 2011 était la date des premières manifestations en Syrie contre la dynastie Assad. Depuis lors, près de 400 000 personnes ont perdu la vie et 13 millions ont été déplacées. Bilan des dix dernières années de guerre.

Retrouvez la série de photographie de Vincent Munier projeté ce soir au Festival Visa pour l’image

CHLOE SHARROCK – Syrie : De Raqqa à Al Hol, une décennie de guerre

Née en 1992, Chloé baigne très tôt dans un environnement artistique dans lequel l’image est considérée comme un support privilégié pour véhiculer émotions et engagements. Elle s’inscrit d’abord dans des études d’histoire de l’art à Lyon, se spécialisant dans les courants artistiques du XIVe au XVIIe siècle, domaine qui influence encore aujourd’hui profondément l’esthétique de son travail. Elle termine ensuite sa formation par Cinema Studies à Paris, spécialisée dans l’esthétique et la réalisation de documentaires.

Motivée par un besoin pressant de témoigner de la tourmente du monde, elle décide en 2017 que son médium sera la photographie.

Après un an de travail régulier au Liban auprès de femmes libanaises, syriennes et palestiniennes, Chloé pousse un peu plus loin ses engagements et crée l’association « Alhawiat », promouvant le rôle des femmes dans la reconstruction des sociétés post-conflit au Moyen-Orient à travers des conférences et des panels de discussion en France.

Une croque-mort désespérée. Un maraîcher en colère. Un rebelle optimiste. Des refuzniks fatigués. Des habitants de Raqqa témoignent des horreurs de la guerre qu’ils vivent depuis dix ans à travers sa série de photographie.

Hommage à DANISH SIDDIQUI

Danish Siddiqui était un photojournaliste indien basé à Delhi, qui dirigeait l’équipe nationale de Reuters Multimedia. Il a reçu le prix Pulitzer 2018 de la photographie de reportage, au sein de l’équipe Reuters, pour avoir documenté la crise des réfugiés rohingyas. En 2021, il a été tué alors qu’il couvrait un affrontement entre les forces de sécurité afghanes et les forces talibanes près d’un poste frontière avec le Pakistan.

Les projections en plein air au Campo Santo sont devenus un des moments forts de chaque édition de Visa pour l’image. Elles font leur retour pour cette 33ème édition, découvrez une sélection des séries projetées. Nous avons également échangé avec les photographe afin de connaitre mieux leur travail, leur situation du fait de la pandémie et leurs projets pour 2022.

Le Monde au cour du Campo Santo

Les soirées de Visa pour l’Image retracent les événements les plus marquants de septembre 2020 à
août 2021. Chaque soir, du lundi au samedi, les projections débutent par une «chronologie» retraçant deux mois d’actualité de l’année écoulée. Sont ensuite développés différents sujets et points de vue liés aux faits de société, aux conflits, ceux dont
on parle et ceux que l’on tait, aux différents constats de l’état du Monde. Visa pour l’Image propose aussi des «rétros», retour sur des faits ou des personnalités majeurs de l’Histoire. Les différents prix Visa pour l’Image sont également remis lors de ces soirées.

SEAN SUTTON – Borno, Nigeria – Crise dissimulée

L’État du Borno au nord-est du Nigeria est en proie à une grave crise humanitaire.

Sean Sutton est photojournaliste et responsable des communications internationales pour le Mines Advisory Group (MAG), une ONG qui aide les personnes touchées par les mines terrestres, les munitions non explosées et les armes légères et de petit calibre. Cette interview coïncide avec le lancement de l’appel Home Safe Home de MAG pour retirer les mines terrestres et les bombes non explosées de tout le Liban

Le photojournaliste de MAG Sean Sutton est à Maiduguri au Nigeria, documentant les cicatrices cachées d’une crise des mines antipersonnel dans le nord-est du pays. Les mines posées par le groupe djihadiste et d’autres organisations militantes dans le nord-est constituent une menace mortelle pour les personnes déplacées à l’intérieur du pays

Un camp pour personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI), qui était autrefois l’hôpital de district, à Bama, au nord-est du Nigeria. La ville a été détenue par Boko Haram pendant plus d’un an et a été attaquée à plusieurs reprises depuis que le gouvernement a repris le contrôle en 2015. Plus de 40 000 personnes vivent désormais dans le camp.

Découvrez l’univers de Sean Sutton :

FONDATION YVES ROCHER – Albin Michel – Au nom de l’arbre

Brent Stirton, Juan Manuel Castro Prieto, Ulla Lohmann, Pascal Maitre, Emanuele Scorcelletti

La Fondation Yves Rocher a choisi de mettre en place un prix spécial en partenariat avec le Festival International de Photojournalisme Visa pour l’Image – Perpignan : le Prix de la Photographie de la Fondation Yves Rocher. Le prix est décerné à un photographe professionnel souhaitant réaliser un reportage sur des problématiques dans le domaine de l’environnement, des relations entre l’homme et la terre, ou des enjeux majeurs du développement durable. 

“Là où la forêt disparaît, la Terre est meurtrie” Sylvain Tesson

La surface globale des forêts a été réduite de 40 % en 3 siècles, et chaque année 13 millions d’hectares de forêt — l’équivalent du Portugal — continuent de disparaître… Chaque fois, ce sont tout un écosystème, toute une biodiversité

qui disparaissent, nous rappelant au passage que si nous savons détruire la nature, nous ne la maîtrisons pas pour autant. Mais la situation n’est pas inéluctable : en effet, de la France à l’Éthiopie, de l’Inde à l’Équateur, des communautés se lèvent et se battent pour reboiser la planète. Ce livre — véritable éloge de l’arbre — leur rend hommage et montre, par des exemples concrets, comment replanter intelligemment, selon les besoins spécifiques de chaque région. Retrouvez son travail lors d cela projection de ce soir.

Découvrez l’univers de la fondation Yves Rocher :

JACOB EHRBAHN – A dream of Europe

A family of refugee crawls under the controversial border fence being built by Hungary on its border with Serbia. The little girl???s hair gets caught in the barbed wire, and precious seconds are lost untangling her. The man lifting the wire does not make it across before the Hungarian border guards arrive, but he takes the risk again later and succeeds. While the fence is under construction, it is in fact possible for refugees and migrants to enter Hungary from Serbia walking down a railroad track, but they are confronted by police as soon as they cross the border via this route. Some are not aware of this possibility, others consciously choose to scale the fence in order to avoid the police, the registration and the fingerprinting, which in principle force them to seek asylum in Hungary. On Monday September 14, the fence was completed, effectively closing the Hungarian-Serbian border to refugees and migrants. R??szke, Hungary, August 27, 2015.

Découvrez l’univers de Jacob Ehrbahn :

LUIS TATO – Afrique de l’Est : Invasion de criquets pèlerins

Tel un fléau biblique, l’Afrique de L’Est bataille depuis des années déjà contre l’invasion de criquets. Henry Lenayasa est chef de la colonie d’Archers Post, dans le comté de Samburu, au Kenya. Luis Tato le prend en photo alors qu’il tente de sauver ses cultures. Casquette sur la tête, masque Covid posé sous le nez, l’homme se débat contre un essaim de criquets. Les jambes étirées et les bras levés, il se prépare au combat. Mais que faire ? Le combat est déloyal. Des milliers d’insectes l’entourent. Un nuage de désolation qui s’étend à perte de vue. Début 2020, le Kenya a connu sa pire invasion de criquets pèlerins en 70 ans. Un seul essaim peut contenir entre 40 et 80 millions de criquets par kilomètre carré. Effrayant. Impuissance totale d’un continent dont les moyens de subsistance avaient déjà été amoindri par la pandémie mondiale.

Découvrez l’univers de Louis Tato :

ALAIN SCHROEDER – Jeu de l’attrape-chèvre

Chapeau ou un chapeau kirghize tebetei, se poussent et se bousculent avec dextérité et endurance dans des combats sans peur alors qu’ils se battent pour la possession d’un jeune taureau de 60 kg.

Itin Bietov Jildizbek, un riche habitant de la région, a organisé un grand match d’Alaman-Ulak pour célébrer le 13e anniversaire de son fils Cherniaz. Des milliers de cavaliers sont venus concourir pour les prix qu’il offre tout au long de la journée ; 10 chevaux, 10 yaks, 10 chameaux, et le grand prix du jeu final, une voiture de marque Lada. Essayer de distancer vos adversaires avec une chèvre sans tête coincée entre votre jambe et votre cheval n’est peut-être pas votre idée d’un jeu amusant, mais au Kirghizistan, le Kok Boru est le sport national. Dead Goat Polo, comme certains l’appellent, ressemble plus à du rugby cavalier.

Généralement divisés en deux équipes de cinq (et des centaines ou plus dans une variante de style libre appelée Alaman-Ulak), des hommes intrépides à cheval courent d’un bout à l’autre du terrain poursuivant le cavalier avec possession en essayant de l’empêcher de marquer un point en soulever le corps de 20 kg dans le tai kazan (but) à chaque extrémité. Seuls les étalons sont utilisés dans ce jeu car ils sont naturellement antisociaux et désireux de combattre leurs rivaux. Les joueurs entraînent leurs chevaux à muscler les autres chevaux du peloton pendant qu’ils se battent eux-mêmes pour arracher la chèvre et galoper vers le but, claquant dans les pneus en caoutchouc qui encerclent le monticule d’un mètre de haut. La plupart des villages du pays ont un terrain de jeu, certains ont des stades officiels. Les équipes professionnelles disputent des tournois qui culminent avec les championnats nationaux qui ont lieu lors des festivités entourant Nowruz le 21 mars lorsque la nation kirghize célèbre le début du printemps.

Cette année (2020), la pandémie de coronavirus sans précédent a mis fin aux grands rassemblements publics mais des jeux non officiels continuent d’être organisés dans de nombreux villages.

Découvrez l’univers de Alain Schroeder :

Les projections en plein air au Campo Santo sont devenus un des moments forts de chaque édition de Visa pour l’image. Elles font leur retour pour cette 33ème édition, découvrez une sélection des séries projetées. Nous avons également échangé avec les photographe afin de connaitre mieux leur travail, leur situation du fait de la pandémie et leurs projets pour 2022.

Le Monde au cour du Campo Santo

Les soirées de Visa pour l’Image retracent les événements les plus marquants de septembre 2020 à
août 2021. Chaque soir, du lundi au samedi, les projections débutent par une «chronologie» retraçant deux mois d’actualité de l’année écoulée. Sont ensuite développés différents sujets et points de vue liés aux faits de société, aux conflits, ceux dont
on parle et ceux que l’on tait, aux différents constats de l’état du Monde. Visa pour l’Image propose aussi des «rétros», retour sur des faits ou des personnalités majeurs de l’Histoire. Les différents prix Visa pour l’Image sont également remis lors de ces soirées.

JEREMY LEMPIN – Docteur Peyo & Mister Hassen

France-Calais 30/11/2020 Centre de soins palliatifs de l’hôpital de Calais.
Manon, 24 ans, atteinte d’un cancer généralisé enlacés son fils Ethan 7ans en présence de Peyo qui se laisse toucher et caresser par elle seule.
”Avec Peyo, on essaie de recréer de la vie dans la fin de vie, pour se battre, créer une énergie aux cotés des familles et des soignants.” me dit Hassen

Hassen et Peyo sont connus pour leurs participations aux compétitions et leurs spectacles equestres.

Peyo n’est pas un cheval comme les autres qui cherche le contact avec l’homme et aime être câliné, il a son caractère bien trempé. Pourtant, à l’issue de certaines personnes du public, il s’approche d’elles et décide de passer du temp à leurs côtés. Tout à coup, c’est comme s’il changeait de personnalité : Peyo devient doux et protecteur.

A force e l’observer Hassen comprend que son cheval choisit toujours des personnes affaiblies moralement, physiquement, psychologiquement. Il décide de se rapprocher de spécialistes : des cliniques vétérinaires, mais aussi des neurologues, psychologues, psychiatres et différents médecins spécialistes afin de tenter de comprendre cette attitude.

SARAH CARON – Les enfants perdus de Ratodero, Pakistan

Au centre de Rato Dero, qui compte une population estimée à 535 000 habitants, une grande place sert de dépotoir au lieu d’être aménagée en parc de loisirs, planté de verdure comme c’est le cas à Islamabad ou dans les villes du nord du Pakistan. Ici, les déchets ménagers et médicaux sont déversés quotidiennement et parfois brûlés ou non. Il ne semble pas y avoir de projet de ramassage des ordures dans cette ville, et encore moins de souci pour l’hygiène de ses habitants. L’odeur pestilentielle projette son arôme dans tout le quartier. Les enfants jouent sur ces montagnes d’ordures, souvent pieds nus ou en sandales. Les enfants traversent régulièrement cette friche.8 février 2021, Rato Dero, Sindh, Pakistan (Photo de Sarah Caron pour The NYT Magazine)

BULENT KILIC – Hasankeyf – Les derniers figues d’une ville engloutie

En Turquie, la cité d’Hasankeyf, vieille de 12 000 ans, a été engloutie par les eaux du barrage d’Ilisu sur le Tigre.

L’histoire ne fait pas le poids face à l’économie. En Turquie, le petit village de Hasankeyf, posé sur les rives du Tigre depuis 12 000 ans, va bientôt disparaître, englouti par le fleuve. La raison ? Le gouvernement a validé un projet de barrage et relogé les habitants sur la colline d’en face.

Le village classé au patrimoine mondial de l’Unesco a déjà les pieds dans l’eau. En Turquie, le hameau de Hasankeyf, posé sur les rives du Tigre depuis 12 000 ans, va disparaître d’ici quelques jours. La faute à la construction d’un barrage sur le fleuve, à 60 kilomètres en aval.


Les autorités ont déjà délogé les habitants et un nouveau bourg, baptisé « Nouveau Hasankeyf » est en construction sur la colline qui surplombe l’ancien village.

Si le gouvernement tente de récupérer les monuments historiques du site, les maisons troglodytes et 289 sites archéologiques du hameau vont bel et bien disparaître, rapporte la chaîne de télévision France 24. Et ce, malgré la contestation des habitants et d’organisation non-gouvernemtales locales. Voici quelques images de ce trésor, bientôt disparu, du patrimoine turc. Retrouvez la série de photographies projetée ce soir au festival Visa pour l’image.

MIGUEL GUTIERREZ – Venezuela

Miguel Gutiérrez (1983. Bogotá, Colombie) est un photojournaliste qui dirige actuellement le département de photographie du bureau de Caracas, Venezuela de l’agence de presse internationale EFE, où il travaille depuis 2012.

De 2010 à 2011, il a travaillé comme photojournaliste couvrant l’actualité, la politique et le sport au Venezuela pour l’agence de presse internationale Agence France-Presse.

Ses photographies ont été publiées par The New York Times, The Washington Post, The United Nations, ESPN, Sports Illustrated, Le Monde, The Frankfurter Allgemeine Zeitung, NRC Handelsblad et The Guardian.

Gutiérrez travaille à temps plein en tant que photographe professionnel depuis 2008, et a obtenu un diplôme de premier cycle en communications sociales de l’Université catholique de Santa Rosa. Il poursuit actuellement une maîtrise en relations internationales à l’Université centrale du Venezuela.

FONDATION YVES ROCHER – ALBIN MICHEL – Au nom de l’arbre

La Fondation Yves Rocher a choisi de mettre en place un prix spécial en partenariat avec le Festival International de Photojournalisme Visa pour l’Image – Perpignan : le Prix de la Photographie de la Fondation Yves Rocher. Le prix est décerné à un photographe professionnel souhaitant réaliser un reportage sur des problématiques dans le domaine de l’environnement, des relations entre l’homme et la terre, ou des enjeux majeurs du développement durable.

“Là où la forêt disparaît, la Terre est meurtrie” Sylvain Tesson

La surface globale des forêts a été réduite de 40 % en 3 siècles, et chaque année 13 millions d’hectares de forêt — l’équivalent du Portugal — continuent de disparaître… Chaque fois, ce sont tout un écosystème, toute une biodiversité

qui disparaissent, nous rappelant au passage que si nous savons détruire la nature, nous ne la maîtrisons pas pour autant. Mais la situation n’est pas inéluctable : en effet, de la France à l’Éthiopie, de l’Inde à l’Équateur, des communautés se lèvent et se battent pour reboiser la planète. Ce livre — véritable éloge de l’arbre — leur rend hommage et montre, par des exemples concrets, comment replanter intelligemment, selon les besoins spécifiques de chaque région. Retrouvez son travail lors d cela projection de ce soir.

JO-ANNE MCARTHUR & KEITH WILSON – Hidden

Il se concentre sur les animaux invisibles dans nos vies : ceux avec qui nous avons une relation étroite et pourtant nous ne voyons pas. Ce sont les animaux que nous mangeons et les animaux que nous portons. Ce sont les animaux utilisés pour la recherche et le divertissement, ainsi que les animaux que nous sacrifions au nom de la tradition et de la religion. Les histoires dans ses pages sont révélatrices et brutales.
L’Anthropocène est le nom proposé pour l’époque géologique actuelle. À cette époque, l’activité humaine est l’influence dominante sur le climat, l’environnement et toute la vie sur terre. Alors que nous entrons dans une nouvelle décennie, environ 80 milliards d’animaux terrestres continuent d’être utilisés et consommés par les humains chaque année. La majorité de ces animaux sont élevés et tués dans des systèmes agricoles industriels. Les poissons et autres espèces marines sont mesurés en tonnes.
HIDDEN adopte une perspective pro-animal sans vergogne, mais comprend également le rôle important que jouent les dirigeants communautaires, les éducateurs, les décideurs politiques et les militants dans la détermination d’une relation future avec les animaux basée sur une coexistence compatissante et humaine.

An Eastern grey kangaroo and her joey who survived the forest fires in Mallacoota.

EVGENIA ARBUGAEVA – Artic dreams

Evgenia Arbugaeva est née en 1985 dans la ville de Tiksi, située au bord de la mer de Laptev dans la République de Yakoutie en Russie. Dans son travail personnel, elle se penche souvent sur sa patrie – l’Arctique, découvrant et capturant les mondes éloignés et les personnes qui les habitent.
Evgenia est membre de la National Geographic Society Storytelling, récipiendaire du prix ICP Infinity et du prix Leica Oskar Barnack. Son travail a été exposé à l’échelle internationale et est apparu dans des publications telles que les magazines National Geographic, Time et The New Yorker, entre autres. Elle vit à Londres, au Royaume-Uni.

Les gens disent qu’une fois que vous avez l’Arctique dans votre système, il vous appellera toujours. J’ai passé mon enfance à courir dans la toundra et à regarder les aurores boréales alors que je marchais jusqu’à l’école dans la nuit polaire, le nom poétique des deux mois d’obscurité qui ne sont pas seulement l’hiver ici, mais aussi un état d’esprit. J’ai quitté ma ville natale de Tiksi, un port maritime isolé au bord de la mer russe de Laptev, il y a des années pour vivre dans de grandes villes et dans différents pays. Mais l’Arctique m’a rappelé. J’ai soif de son isolement et de son rythme de vie plus lent. Dans ce paysage nordique glacé, mon imagination vole comme le vent, sans obstacle. Chaque objet devient symbolique, chaque nuance de couleur signifiante. Je ne suis moi-même que lorsque je suis ici. —Récit et photographies d’Evgenia Arbugaeva

JUAN MANUEL CASTRO PRIETO – 30 ans de Pérou

Scientifique de formation et amoureux de la photographie, Juan Manuel Castro Prieto a su conjuguer ses deux passions pour devenir l’un des photographes les plus avertis, exigeants et subtils d’Europe.

Après avoir ressuscité le travail du photographe portraitiste des années 30, Martin Chambi, en créant des tirages à partir de plaques de verre à Cuzco, Prieto a développé une passion pour le Pérou. Dix ans plus tard, il traverse le pays pour un « voyage vers le soleil », où il dépeint finement et artistiquement sa tendresse pour les gens, la beauté du paysage, sa curiosité pour une culture souvent préservée, et la pauvreté qui accompagne cette condition. Retrouvez son travail lors des projections Visa pour l’image e ce soir.

Juan Manuel Castro Prieto se rend pour la première fois au Pérou en 1990. Il se rend ensuite à Cuzco où sont conservées les archives du grand photographe péruvien Martin Chambi (1891-1973). Dès ce premier voyage, au cours duquel il réalise des tirages à partir de négatifs sur plaques de verre, il développe une relation privilégiée avec ce pays qu’il n’a jamais fini d’explorer depuis cette époque. Au début de l’année 2020, il part pour un nouveau voyage dans les montagnes péruviennes, à la rencontre des populations isolées.

A travers le regard passionné qu’il porte sur ce pays, il dresse le portrait de femmes et d’hommes dans leurs traditions et leur quotidien. Plus qu’un travail de documentation, Juan-Manuel Castro Prieto revient sur ses propres traces, au cœur de villages isolés et continue de raconter le mythe personnel que le pays lui inspire.

Nariman El-Mofty, photographe documentaire à été sélectionnée pour exposer son travail “Fuir la guerre au Tigré” à l’occasion de la 33ème édition du Festival Visa pour l’image. Pour l’occasion nous avons échangé avec Nariman, son état d’esprit à la veille de cette première, la naissance de sa vocation, sa manière de travailler sur le terrain, la place des photographes “locaux” et l’impact de son prix Pulitzer. Découvrez cet échange en intégralité suivis d’une présentation de sa série “Fuir la guerre au Tigré”.

Nariman El-Mofty, photographe documentaire à été sélectionnée pour exposer son travail “Fuir la guerre au Tigré” à l’occasion de la 33ème édition du Festival Visa pour l’image.

Pour l’occasion nous avons échangé avec Nariman, son état d’esprit à la veille de cette première, la naissance de sa vocation, sa manière de travailler sur le terrain, la place des photographes “locaux” et l’impact de son prix Pulitzer. Découvrez cet échange en intégralité suivis d’une présentation de sa série “Fuir la guerre au Tigré”.

Des réfugiés ayant fui la région du Tigré en Éthiopie sont transférés vers le site d’accueil du Village 8 près de la frontière entre l’Éthiopie et le Soudan. Hamdayet, dans l’est du Soudan, 1er décembre 2020. © Nariman El-Mofty / The Associated Press Photo libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 33e édition du Festival International du Photojournalisme “Visa pour l’Image – Perpignan” 2021

Etre exposée à Visa pour l’image, un moment particulier.

“Je me sens extrêmement humilié et honoré d’exposer à Visa. J’ai visité il y a quelques années et c’était merveilleux de voir les expositions, d’écouter les conversations et de vivre cet échange d’idées. Je suis tellement excitée de pouvoir partager une partie de mon travail et j’aurais vraiment aimé pouvoir être là..”

Le photojournalisme, une passion depuis son plus jeune âge.

“Tout a commencé avec un ami proche de la famille qui travaillait pour Reuters en tant que photojournaliste. Il est partis en missions partout au Moyen-Orient et en Afrique et a raconté des histoires animées avec tant d’humour, de charisme et de passion. J’étais fasciné et j’écoutais attentivement tout ce dont il parlait, étant enfant, j’étais attiré. J’étais obsédé par le photojournalisme à travers lui, son histoire et le travail qu’il a fait pendant des années..”

Une adaptation à tous les terrains.

“Je donne aux gens leur espace, leur temps et je respecte ce qu’ils aimeraient faire. S’ils ne veulent pas être photographiés, c’est leur droit. Cela dépend toujours de l’histoire sur laquelle je travaille.

Mon travail est divisé en plusieurs catégories comme les informations ponctuelles, la narration visuelle approfondie et le journalisme d’investigation. Dans les infos ponctuelles par exemple, cela ne prend pas beaucoup de temps car la scène est chaotique et les gens sont en plein stress et en état de choc. Les gens font généralement l’une des deux choses suivantes : parler sur le champ ou exprimer leur colère contre les journalistes, ce qui est compréhensible.

Les journalistes y sont témoins d’une situation extrêmement difficile et d’un tournant dans la vie de la plupart de ces personnes. Beaucoup parlent et veulent que le monde sache ce qui s’est passé en nous utilisant comme messagers. Cependant, il faut beaucoup plus de temps pour gagner la confiance de la narration en profondeur, du journalisme d’investigation et du documentaire. Par exemple, il m’a fallu plus d’un an avec une personne juste pour qu’elle commence à me parler, c’est-à-dire sans lever la caméra.

La notion de photographe “local”

“Le nombre photographes basés sur le terrain ne cesse d’augmenter, et j’en suis un exemple, mais il reste encore beaucoup à faire. Les rédacteurs en chef doivent pousser et lutter pour l’inclusivité des photojournalistes dans leurs régions. Il ne s’agit pas seulement d’un pourcentage cible et de cocher des cases, mais il s’agit de faire croître et de développer la profession dans son ensemble. Il y a tellement de talents qui pourraient être découverts et encouragés à travers le monde et qui peuvent ajouter une saveur ou une perspective différente aux histoires que nous couvrons. Mais il faut davantage de soutien de la part des décideurs et le changement prendra du temps.

Une approche culturelle différente

“Etre culturellement plus proche a un impact sur la couverture du reportage. Je sens que je capte des nuances culturelles simplement à cause de l’environnement dans lequel je suis né et dans lequel j’ai grandi. Cela me permet de construire plus facilement la relation et d’éviter les malentendus qui pourraient découler des barrières linguistiques ou culturelles.

Raconter une histoire est aussi plus naturel pour un journaliste quand c’est près de chez moi et je me sens mieux placé pour raconter l’histoire du point de vue du sujet.

Parfois, cependant, être un étranger peut être positif et plus réconfortant pour certaines personnes, en particulier sur des sujets extrêmement sensibles et tabous au sein d’une culture.”

L’impact du Pulitzer.

“Cela n’a pas changé la nature de mon travail ou de mes objectifs, la où je suis basé, beaucoup de gens ne savent même pas ce qu’est ce prix. Ce que je peux dire, c’est que cela m’a été bénéfique pour l’accès. Pour les autorités, c’est certainement un avantage car l’une des premières choses qu’elles font pour vérifier les journalistes est une recherche en ligne approfondie, notre présence en ligne, pour qui nous travaillons et le type de travail que nous avons effectué dans le passé.”

Pour découvrir davantage le travail de Nariman El-Mofty

Une réfugiée du Tigré attend des soins à la clinique de Médecins sans frontières. Centre de transit du Village 8, près du poste-frontière de Lugdi, dans l’est du Soudan, 8 décembre 2020. © Nariman El-Mofty / The Associated Press Photo libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 33e édition du Festival International du Photojournalisme “Visa pour l’Image – Perpignan” 2021

Nariman El-Mofty, fuir la guerre au Tigré.

Il continue d’être hanté par les massacres chaque nuit, de crier dans son sommeil. Le côté droit de son visage et son cou sont couverts de cicatrices. Abrahaley Minasbo, un danseur de 22 ans dont le corps était un outil d’expression, vit désormais avec une main en partie amputée. Des membres d’une milice amhara sont venus le trouver chez lui dans la ville de Mai-Kadra le 9 novembre 2020. Ils l’ont traîné dehors, battu à coups de marteau, de hache, de bâton et de machette, puis l’ont laissé pour mort.

Dans cette communauté de réfugiés vulnérables, aux portes du conflit qui fait rage dans le Tigré éthiopien, ceux qui ont fui les combats sanglants ont tous été témoins de l’horreur. Certains ont marché pendant des jours pour atteindre la frontière, avant d’être entassés à bord de bus ou de camions pour un pénible trajet de onze heures jusqu’à un camp. Alors qu’un véhicule démarrait, un bébé s’est mis à hurler et son frère l’a porté à la fenêtre pour qu’il respire, disant que l’enfant était affamé et déshydraté, que le bus était trop bondé.

Des conditions de vie difficiles.

Une fois arrivés au camp, ils attendent. Pour manger, pour avoir des nouvelles de leurs proches, pour boire. Certains font la queue pendant des heures devant un robinet pour pouvoir remplir leurs seaux. Des enfants âgés d’à peine 7 ans portent avec difficulté ces lourds récipients sur leur dos.

À leur arrivée, beaucoup souffrent de malnutrition. Une femme enceinte de 9 mois, pesant à peine 45 kilos, s’est mise à pleurer en voyant le chiffre sur la balance. Une autre à qui l’on avait donné une ration alimentaire n’a rien pu avaler.

« L’Éthiopie se meurt », répète Tewodros Tefera, un médecin lui-même réfugié. Il est confronté aux blessures de la guerre depuis le début du conflit : des victimes de viol qui n’acceptent de se confier qu’à lui, des enfants déshydratés, des femmes enceintes et allaitantes à bout de forces, des personnes blessées à coups de hache et de couteau, d’autres à qui on a brisé les côtes. Le docteur Tefera recueille des preuves, dans l’espoir d’aller un jour à La Haye afin d’obtenir justice pour son peuple.

Un exode massif.

On ignore combien de milliers de personnes ont été tuées au Tigré depuis le début des combats le 4 novembre 2020. Mais les rapports remis à l’ONU indiquent que le viol est utilisé comme arme de guerre, que l’artillerie bombarde des zones peuplées, que des champs sont brûlés, des civils pris pour cible et les pillages généralisés.

La guerre a éclaté au pire moment pour Abraha Kinfe Gebremariam et sa famille, à Mai-Kadra. Letay, sa femme, a eu ses premières contractions alors que la violence au-dehors faisait rage. À leur grande surprise, elle a donné naissance à deux filles, Aden et Turfu. Mais la joie a été de courte durée, Letay a succombé à des complications dix jours plus tard. Abraha se retrouve seul pour élever ses deux nouveau-nées et ses jeunes fils dans un camp de réfugiés à Hamdayet, de l’autre côté de la frontière, dans l’est du Soudan.

Plus de 62 000 réfugiés originaires du Tigré vivent désormais au Soudan, fuyant ce que la plupart des Tigréens qualifient de « génocide ».

Texte : Nariman El-Mofty “Fuir la guerre au Tigré”pour le Festival Visa pour l’image

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Des hommes ayant fui la région du Tigré en Éthiopie écoutent la messe célébrée par un prêtre au camp de réfugiés d’Um Rakuba. État d’Al-Qadarif, dans l’est du Soudan, 29 novembre 2020. © Nariman El-Mofty / The Associated Press Photo libre de droit uniquement dans le cadre de la promotion de la 33e édition du Festival International du Photojournalisme “Visa pour l’Image – Perpignan” 2021

L’exposition de Nariman El-Mofty, “Fuir la guerre au Tigré” est visible dans le cadre du Festival Visa pour l’image au Couvent de Minimes du 28 août au 26 septembre 2021 de 10h à 20h, entrée libre

Les projections en plein air au Campo Santo sont devenus un des moment fort de chaque édition de Visa pour l’image. Elles font leur retour pour cette 33ème édition, découvrez une sélection des séries projetées. Nous avons également échangé avec les photographe afin de connaitre mieux leur travail, leur situation du fait de la pandémie et leurs projets pour 2022. Découvrez les projections du Festival Visa pour l’image du 01/09

Le Monde au coeur du Campo Santo

Les soirées de Visa pour l’Image retracent les événements les plus marquants de septembre 2020 à
août 2021. Chaque soir, du lundi au samedi, les projections débutent par une «chronologie» retraçant deux mois d’actualité de l’année écoulée. Sont ensuite développés différents sujets et points de vue liés aux faits de société, aux conflits, ceux dont
on parle et ceux que l’on tait, aux différents constats de l’état du Monde. Visa pour l’Image propose aussi des «rétros», retour sur des faits ou des personnalités majeurs de l’Histoire. Les différents prix Visa pour l’Image sont également remis lors de ces soirées.

MARK PETERSON

“Mon travail date de l’insurrection du 6 janvier au Capitole américain. J’ai photographié le nationalisme blanc en Amérique depuis de nombreuses années et cela faisait partie de ce travail.

Pour cette année et 2022, je compte continuer à travailler sur le nationalisme blanc aux États-Unis alors que le pays est à fleur de peau et dans un état de guerre civile froide. En Américain, les gens préfèrent se battre plutôt que comprendre”

Donald Trump supporters flock during the “Save America March” in Washington, D.C., January 6, 2021.

DAVID BUTOW – Redux American Politics 2016-2021

“Les images proviennent d’un projet de livre à venir appelé BRINK, qui retrace la politique américaine depuis 2016. La série commence avec l’élection présidentielle américaine de cette année-là, une couverture de campagne mais aussi de nombreuses scènes d’Américains ordinaires. Les deux derniers tiers se déroulent presque entièrement à Washington DC et montrent le chaos autour de la présidence de Trump culminant avec l’attaque contre les États-Unis. en janvier de cette année.”

October 2. 2016. A month before the 2016 presidential election, a mixed-race couple lies in bed in a motel room in Benton Harbor, MI. Michigan is one of the areas in the United States known as a “swing state” because narrow voting margins often decide the winner of the U.S. Donald Trump won in this state, somewhat unexpectedly which allowed him to gather more electoral college votes than Hillary Clinton.

NICOLO FILIPPO ROSSO – Exodus (Honduras, Guatemala, Mexico and the United States)

“Cette série est le chapitre le plus récent d’un projet plus vaste, que j’ai appelé Exodus, documentant les migrations sur le continent américain. J’ai parcouru les routes migratoires du Venezuela à la Colombie et de l’Amérique centrale au Mexique et aux États-Unis au cours des quatre dernières années.
Cette année, à la suite des ouragans Eta et Iota, je me suis rendu au Honduras. Là-bas, les inondations et les coulées de boue ont perturbé la vie de 4,5 millions de personnes, entraînant une migration importante vers les États-Unis – qui fait suite à d’autres migrations récentes, souvent causées par l’instabilité politique et la violence incontrôlée des gangs.
Après avoir suivi des migrants de différents pays pendant si longtemps, j’ai vu d’innombrables histoires de perte et de séparation à travers les yeux des plus vulnérables : ceux qui naissent, grandissent et meurent en mouvement. En documentant les parcours des migrants, j’ai gardé à l’esprit la diversité des raisons qui poussent chaque population à émigrer. Pourtant, j’ai aussi compris que la mobilité humaine affecte largement les sociétés d’Amérique latine.
Ces photographies sont le résultat de 8 mois de voyage entre le Honduras, le Guatemala, le Mexique et les États-Unis.”

“Les migrations sont une condition humaine de notre temps, et je veux continuer à documenter ce phénomène sur le continent américain. Je me rendrai en Amérique centrale pour documenter l’instabilité politique et la violence comme principaux moteurs de la migration vers le Mexique et les États-Unis. J’étendrai le projet Exodus aux États-Unis, où tant de migrants continuent de demander l’asile, et je voyagerai le long des routes migratoires de l’Amérique du Sud en Colombie, au Pérou, au Chili et dans les Caraïbes. Chaque histoire et chaque chapitre de ce projet m’ont conduit au suivant. Dans les rues du continent, je continuerai à explorer comment les gens se déplacent, pourquoi ils le font et comment ils commencent un nouveau chapitre de leur vie lorsqu’ils arrivent à destination.”

“Lorsque la pandémie a commencé, début 2020, j’étais à Putumayo, un département colombien du bassin amazonien, où je suis basé. Les voyages et les missions ont été annulés et j’y suis resté huit mois d’affilée, travaillant à distance sur la rédaction de propositions de subventions et de publications. Loin des villes et protégé par l’isolement géographique de la vallée de Sibundoy, je vivais en toute tranquillité avec mes amis de la communauté indigène Kamentza. En août 2020, je suis parti en mission, et depuis, je travaille en Colombie, en Amérique centrale et en Amérique du Nord sur des missions éditoriales et poursuivant le projet Exodus.
Chaque fois que je franchissais une frontière, je me faisais tester pour Covid-19 jusqu’à ce que je sois vacciné au Texas et en Arizona pour les premier et deuxième vaccins Pfizer.
A suivre les migrants tout au long de leur parcours, comme eux, j’ai passé le plus clair de mon temps à marcher en plein air. Le défi physique de ces itinéraires et le coup ont pu renforcer nos défenses, et j’ai travaillé comme j’en ai l’habitude, à la différence que maintenant, nous portons très souvent des masques.”

A woman crosses the Rio Bravo and enters the United States with 2 children on March 27th, 2021, in Ciudad Juarez, Mexico.

Ces reportages ont été réalisés avec l’aide de l’ONU (UN OCHA)

ARCHIWUM PROTESTOW PUBLICZNYCH – Pologne – Grève des femmes

HKUN LAT – Coup d’État en Birmanie

Pour découvrir le travail de HKUN LAT :

HERVE LEQUEUX  – Dans l’enfer de Stalincrack

Pour découvrir le travail de Hervé Lequeux :

JAVIER FERGO – La frontière méridionale de l’Europe

Family members cry before the coffin of Zohra Sarrouj 10072019 ©Javier Fergo


Pour découvrir le travail de Javier Fergo :

MICHELE AMORUSO – ALESSIO PADUANO – FEDERICO SCOPPA / AFP – Migrants in Bosnia and Herzegovina

A migrant crosses the snow-covered fields near an abandoned factory in Bihac, Bosnia and Herzegovina on January 26, 2021. Lots of migrants avoid staying inside the Bosnian official refugee camps because of the hard conditions in which they are forced to live and also because the people hosted in the official camps cannot go out freely.

ZIV KOREN / Israël : Juifs ultra-orthodoxes et la pandémie

JONAS BENDIkSEN  – Le livre de Veles, Macédoine du Nord

Les Projections du Festival Visa pour l’image du 01/09

Retrouvez les autres projections du 30/08 et du 31/08

Les projections du Festival Visa pour l'image en plein air au Campo Santo sont devenus un des moment fort de chaque édition de Visa pour l'image. Elles font leur retour pour cette 33ème édition, découvrez une sélection des séries projetées. Nous avons également échangé avec les photographe afin de connaitre mieux leur travail, leur situation du fait de la pandémie et leurs projets pour 2022.

Les projections du Festival Visa pour l’image en plein air au Campo Santo sont devenus un des moment fort de chaque édition de Visa pour l’image. Elles font leur retour pour cette 33ème édition, découvrez une sélection des séries projetées. Nous avons également échangé avec les photographe afin de connaitre mieux leur travail, leur situation du fait de la pandémie et leurs projets pour 2022.

Le Monde au ceour du Campo Santo

Les soirées de Visa pour l’Image retracent les événements les plus marquants de septembre 2020 à
août 2021. Chaque soir, du lundi au samedi, les projections débutent par une «chronologie» retraçant deux mois d’actualité de l’année écoulée. Sont ensuite développés différents sujets et points de vue liés aux faits de société, aux conflits, ceux dont
on parle et ceux que l’on tait, aux différents constats de l’état du Monde. Visa pour l’Image propose aussi des «rétros», retour sur des faits ou des personnalités majeurs de l’Histoire. Les différents prix Visa pour l’Image sont également remis lors de ces soirées.

Romain Champalaune – Le Groupe

Samsung est le premier groupe sud-coréen, il représente un cinquième du PIB. Par le biais de ses soixante-dix-neuf filiales, Samsung est présent dans toutes les étapes de la vie des Coréens.

Pour découvrir le travail de Roman Champalaune

William Keo – L’échec du rêve européen des migrants

“La série en projections au Festival Visa pour l’image est un travail que je mène depuis 2 ans sur les migrants en Seine-Saint-Denis (93), l’un des départements les plus pauvres de France.

C’est d’abord des amis qui aidaient des migrants qui m’ont demandé de venir faire des photos pour eux, dans un squat. J’ai passé toute ma vie en Seine-Saint-Denis, je pensais que plus rien ne m’étonnerait mais j’ai découvert un autre monde avec des conditions de vie assez précaire. J’ai alors débuté une documentation sur le quotidien des migrants et leur adaptabilité dans des squats et des camps.”

Comme beaucoup de photographes, mes projets ont été repoussés. J’ai eu beaucoup de mal à produire un travail sur la crise du COVID-19, je me suis alors concentré sur comment cette crise impactait une autre, celle des migrants. J’ai décidé de travailler près de chez moi, les camps et les squats de migrants se trouvent à 15 min de là où j’habite, ce qui facilite énormément l’accès.J

La relation avec le tirage photographique

“Pour moi, la finalité d’une photo est le tirage ou un livre, un support physique. Comme je n’ai fini aucun de mes projets, je n’ai pas encore fais de livre.Je ne pense pas que la vocation d’une photographie soit de rester sur un écran ou un disque dur, peut-être que pour certains marchés comme la presse, cela à du sens, mais le support physique donne une dimension définitive.

Quand je fais tirer des photos, je passe toujours par des laboratoires ou des amis qui s’y connaissent mieux, des personnes dont c’est le métier, ils voient souvent des choses que je ne vois pas et ont des avis parfois très différent du mien et souvent pour le mieux.”

Une année 2022 en suspens

“J’aimerais continuer mon projet sur les migrants, il y a aussi l’élection présidentielle qui arrive et peut-être débuter un travail plus large sur la Seine-Saint-Denis mais c’est au stade de réflexion.
Je me rend en Syrie depuis 2 ans pour un projet à long terme, si tout se passe bien j’y retourne en 2022.”

Pour découvrir davantage le travail de William Keo

FRANCE. Aubervilliers. 13 avril 2019. Dans un squat de migrants, un homme se fait couper les cheveux pour être présentable. @William Keo

CORENTIN FOHLEN – Evacuation du camp de Saint-Denis

Pour découvrir le travail de Corentin Fohlen :

ALEJANDRO CEGARRA – Mexique – les deux murs

Pour découvrir le travail de Alejandro Cegarra :

NICOLAS CORTES – Réfugier du Tigré, l’impossible retour ?

Soudan, Décembre 2020
Depuis le début de la guerre au Tigré, le 4 novembre 2020, plus de 55 000 Éthiopiens se sont réfugiés au Soudan. Un mois après, même si les arrivées se font plus rares, les passages à la frontière vers le Camps de Hamdayet et Ashaba continuent. Dans les camps, des files d’attentes sont organisées un peu partout. Sous un soleil de plomb, les familles passent la plupart de leur temps à attendre. Attendre pour s’enregistrer, manger, remplir des bidons d’eau, obtenir un abri, avoir accès aux soins. Mais surtout, beaucoup sont aussi dans l’attente d’un proche resté de l’autre coté, ou de l’annonce de la fin des combats qui signifierait un retour chez eux.


Mais le gouvernement soudanais voit les choses d’un autre oeil et invite les réfugiés à s’éloigner de la frontière en rejoignant des camps situés en plein désert où la situation humanitaire se dégrade. Débordés par le nombre qui ne cesse d’augmenter, l’histoire se répète. Certains n’arrivent même pas à s’enregistrer et avoir accès à un abri et aux services mis en place dans les camps. Loin de la frontière, les camps prennent des allures de villages et laisse l’incertitude, voir l’impossibilité d’un retour au pays s’installer dans les esprits, avant des mois, voir des années.

Le vendredi 15 décembre, mille personnes quittent le camp provisoire de Hashaba. Le convoi prend la direction du camp d’Oum Rakuba situé à dix-heures de route sur des pistes cahoteuses. Hashaba, Réfugiés du Tigré, l’impossible retour ?. Hashaba, Soudan – 15 Décembre 2020

Pour découvrir le travail de Nicolas Cortes :

ADRIENNE SURPRENANT – République Centrafricaine – un chapitre caché

Marcel, le 23 septembre 2019 à Alindao, en République centrafricaine.

“Quand j’entends des coups de feu, je me pisse dessus. Ces événements m’ont rendu comme un mendiant qui demande quelque chose, comme un réfugié dans mon pays”, dit Marcel. “Dans le conflit, ce qui s’est passé, j’ai vu un cadavre sur le sol. La personne qui lui avait tiré dessus avait coupé la chair, un muscle coupé tremblait dans la main du tueur. Il a dit : Je vais aller manger ça, je vais aller griller ça. J’ai eu peur. J’ai rampé au loin.” Depuis lors, quand Marcel ferme les yeux la nuit, la scène se répète, aussi vive que s’il ne dormait pas. “Au moindre bruit, il y a la même peur.”

GUERCHOM NDEBO – RDC – Le commerce illicite du charbon de bois

Motorcycle riders transporting hundreds of kilos of charcoal on their bikes in the eastern Congolese city of Goma. Guerchom Ndebo for Fondation Carmignac.

LEON & LEVY ET NEURDEIN – Le littoral français vers 1910

YAN MORVAN – 1981

Le 10 Mai, Mitterrand est élu. Le photojournaliste Yan Morvan débarque de l’avion qui le ramène d’Irlande du Nord où il couvrait les funérailles de Bobby Sands. L’agence Sipa Press l’envoie place de la Bastille photographier la fête de la victoire. Dès lors les sujets pleuvent, il traitera toute l’actualité de cette année « charnière » qui a marqué l’histoire. Quarante ans plus tard, ces images, pour la plupart inédites, sortent de ses archives, dessinant une fresque sensible et sans antagonisme. Réformes sociales d’ampleur, abolition de la peine de mort, attentats, grèves, droit des femmes, lutte anti-nucléaire, fête de la musique et de la jeunesse, fête de l’Huma, prémices de Paris-Plage… les moments de joie et de drame se succèdent. L’opinion publique s’internationalise en solidarité avec les victimes de dictatures. La France veut marquer sa différence dans un contexte international encore plombé par la Guerre froide. 1981 a semé les graines du changement ! Yan Morvan piste, comme un chasseur, les traces fraiches de l’Histoire pour nous en rapporter les preuves. Elles éclairent notre époque.

Projections Festival Visa pour l’image du 31/08



Tous les mois,

retrouvez les prochaines expositions, rencontres ,
sorties de livres des photographes
avec qui nous travaillons au quotidien,

les rendez-vous photographiques
incontournables
auxquels nous participons,

et les vernissages de nos expositions.

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