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Initial LABO présente le livre “Siempre que” de Céline Croze

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Initial LABO est ravi de mettre en lumière les livres photographiques de ses photographes.

La photographe Céline Croze

Celine Croze est une artiste visuelle ayant reçu une formation en cinéma.
Née au Maroc, elle vit à Paris. Sensible aux fêlures que traverse notre société, Celine Croze utilise les codes cinématographiques pour transgresser le monde qui l’entoure, s’immiscer dans la faille de ceux qu’elle regarde.

Ses travaux ont été présentés aux Rencontres internationales de la photographie de Fès, au Billboard Festival de Casablanca et d’Istanbul, à la Biennale de Marrakech et du Paraguay, au festival de Kassel, au Fuam d’Istanbul et à la Fondation de la Photographie de Tanger.

En 2019 elle est lauréate du festival InCadaqués ainsi que du prix Révélation aux Rencontres photo de Tanger Face à la Mer, en partenariat avec le festival MAP, avec sa série SQEVNV. En 2020, elle est lauréate du prix Mentor pour son projet Mala Madre.

“Siempre que” de Céline Croze

« Siempre que estemos vivos nos veremos »

« Tant que nous serons en vie nous nous verrons »

C’est la dernière phrase que m’a dite Yair. Nous étions sur l’azotea (toit) du bloc 11, la brume enveloppait Caracas, la rumeur folle de la ville ressemblait à un chant funèbre. C’était une balle dans mon cœur. La conscience de sa propre fin avait quelque chose de terrible et sublime à la fois. Tout était dit. L’urgence de la vie, la fascination pour la mort, l’effondrement du pays.

L’extrême violence et l’absurdité de la situation donnait l’impression que la vie n’était qu’un jeu.

L’extrême violence et l’absurdité de la situation donnait l’impression que la vie n’était qu’un jeu.

Je me rappelais deux jours plus tôt la gallina (arène pour combats de coqs). L’odeur du sang mélangée au rhum et la sueur, les cris de rage, l’excitation de chaque homme. Une transe impalpable enivrait l’arène. Comme si nous étions tous fous. Comme si le sang, la mort et le pouvoir rendaient plus vivants.

L’énergie chaotique de la ville raisonnait dans chaque combat telle une danse qui se déploie, qui reste et pleure impuissante.

Un mois plus tard, Yair fut abattu. Il avait 27 ans.

Mes errances en Amérique latine furent traversées par d’autres rencontres saisissantes. Comme ces coqs de combats, je voyais des êtres danser et s’accrocher au désordre. J’y retrouvais à chaque fois cette même sensualité insolente, comme une furieuse provocation, comme un cri d’adolescent amusé par le danger, condamné et libre.

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