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Alexis Pazoumian présente “Sacha”, les mains gelées mais le cœur chaud

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Dans “Faubourg Treme”, son précédent livre aux Éditions André Frère, le photographe Alexis Pazoumian se questionnait sur la reconstruction suite à une catastrophe naturelle, faisant un parallèle entre son pays d’origine, l’Arménie, et cette région dévastés 10 ans auparavant par l’ouragan Katrina. On le retrouve aujourd’hui avec son dernier livre de photographies “Sacha” (Alexis Pazoumian, Éditions André Frère).

« Les similitudes sont nombreuses entre la Louisiane et mon pays d’origine, l’Arménie. Qu’elles soient victimes d’une catastrophe naturelle ou d’un crime contre l’humanité, un acharnement de l’histoire a meurtri ces populations mais n’est jamais venu à bout, bien au contraire même, de leur combativité… »

Alexis Pazoumian

Il nous emmène cette fois-ci dans le grand nord sibérien, et plus précisément en Yakoutie, la région la plus froide du monde, à la rencontre de Sacha, un éleveur de rennes, en première ligne face aux dérèglements climatiques.

Alexis Pazoumian, un ADN de voyageur.

Ce voyage n’a rien d’un hasard, la Russie à toujours passionnée Alexis, bercé par les récits de son grand-père artiste peintre, Richard Jeramian, qui s’y rendit en 1957 puis y exposa en Sibérie en 1980.

Lorsque Alexis apprend que les membres d’une branche éloignée de sa famille ont émigré en Sibérie suite au tremblement de terre de 1988, il voit là un signe et décide de s’y rendre à de nombreuses reprises entre 2017 et 2019.

Yakoutsk, mi-paradis mi-enfer.

Plus grande ville construite sur du permafrost, un sol dont la température se maintient en dessous de 0°C pendant plus de deux ans consécutifs, ces habitants vivent dans une véritable instabilité. Le réchauffement climatique provoquant une fonte du permafrost qui crée de graves problèmes pour les populations locales : affaissement de terrains, déformation des routes, rupture des oléoducs… 

Malgré ces conditions, la Yakoutie fascine. « Ses sous-sols regorgent d’or, de pétrole et de charbon. C’est aussi la première productrice de diamants du monde », précise l’auteur. Un territoire fabuleux, immaculé, mais hostile. « Les températures hivernales atteignent -60 °C », rappelle le photographe.

La première partie du livre est une plongée dans cet univers inconnu, mêlant des portraits d’habitants aux habitations soviétiques et aux scènes de la vie quotidienne. Nous comprenons sur leurs visages la dureté de leur quotidien, mais en même temps une certaine fierté de vivre si proche de la nature.

« Lorsque Dieu a survolé la Yakoutie un jour d’hiver, ses mains ont gelé et il a ainsi laissé échapper tous ses trésors ».

Légende Yakoute

Alexis nous livre, dans un cahier central, les récits de ces voyages en Yakoutie, son arrivée, son intégration parmi les habitants, puis son envie d’aller plus loin à la recherche d’un ailleurs.

A la rencontre de Sacha

Apprenant qu’une communauté d’éleveurs de rennes, les Evènes, vivait coupée du monde, Alexis décide de continuer son voyage et de rejoindre leur campement.

“Pour se rendre dans la région des éleveurs de rennes il faut traverser La R504 « Route des os ». Longue de plus de 1000 kilomètres, la succession d’images blanches et neigeuses, similaires, nous emporte vers un monde perdu plus glacial encore, jusqu’à -70°. La R504 fut construite par les prisonniers des goulags en 1932. La route est considérée comme le témoin d’une époque, elle garde en elle les os des ouvriers morts durant sa construction.”

Alexis Pazoumian

C’est dans cette communauté que Alexis rencontre Sacha, éleveur de plus d’un millier de rennes, il nous fait découvrir dans la deuxième partie du livre son quotidien, la beauté et la rudesse des paysages, c’est une plongée dans un monde inconnu mais si proche de nous.

Sacha” est une ode à la nature, à la liberté mais également un avertissement face à notre tendance à défier la nature, à la maltraiter sans en comprendre les conséquences. Chacun trouvera dans “Sacha” différentes strates de lectures, la beauté des photos, l’intimité du récit et son universalité.

“Nous sommes maîtres de notre territoire, mais nous ne pouvons pas contrôler la nature, elle reprend toujours ses droits.”

Alexandre Gromov Nicolaevitch dit “Sacha”

Ce livres est une très belle découverte, André Frère à mis tout en oeuvre pour mettre en valeur les photographies et le message de Alexis Pazoumian, la qualité de la couverture et du papier, la présence d’un livret central, ainsi que le tiré à part en anglais, l’ensemble contribue à faire de “Sacha” un livre majeur de 2020. Le livre a ainsi été nommé pour les prix HIP 2020.

Sacha aux Éditions André Frère, 112 pages, 40 photographies couleur + 18 argent & noir, 37 €
Disponible dans notre boutique en ligne ou en magasin.

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