Les projections en plein air au Campo Santo sont devenus un des moment fort de chaque édition de Visa pour l’image. Elles font leur retour pour cette 33ème édition, découvrez une sélection des séries projetées. Nous avons également échangé avec les photographe afin de connaitre mieux leur travail, leur situation du fait de la pandémie et leurs projets pour 2022. Découvrez les projections du Festival Visa pour l’image du 01/09
Le Monde au coeur du Campo Santo
Les soirées de Visa pour l’Image retracent les événements les plus marquants de septembre 2020 à août 2021. Chaque soir, du lundi au samedi, les projections débutent par une «chronologie» retraçant deux mois d’actualité de l’année écoulée. Sont ensuite développés différents sujets et points de vue liés aux faits de société, aux conflits, ceux dont on parle et ceux que l’on tait, aux différents constats de l’état du Monde. Visa pour l’Image propose aussi des «rétros», retour sur des faits ou des personnalités majeurs de l’Histoire. Les différents prix Visa pour l’Image sont également remis lors de ces soirées.
MARK PETERSON
« Mon travail date de l’insurrection du 6 janvier au Capitole américain. J’ai photographié le nationalisme blanc en Amérique depuis de nombreuses années et cela faisait partie de ce travail.
Pour cette année et 2022, je compte continuer à travailler sur le nationalisme blanc aux États-Unis alors que le pays est à fleur de peau et dans un état de guerre civile froide. En Américain, les gens préfèrent se battre plutôt que comprendre »
Donald Trump supporters flock during the « Save America March” in Washington, D.C., January 6, 2021.
« Les images proviennent d’un projet de livre à venir appelé BRINK, qui retrace la politique américaine depuis 2016. La série commence avec l’élection présidentielle américaine de cette année-là, une couverture de campagne mais aussi de nombreuses scènes d’Américains ordinaires. Les deux derniers tiers se déroulent presque entièrement à Washington DC et montrent le chaos autour de la présidence de Trump culminant avec l’attaque contre les États-Unis. en janvier de cette année. »
October 2. 2016. A month before the 2016 presidential election, a mixed-race couple lies in bed in a motel room in Benton Harbor, MI. Michigan is one of the areas in the United States known as a “swing state” because narrow voting margins often decide the winner of the U.S. Donald Trump won in this state, somewhat unexpectedly which allowed him to gather more electoral college votes than Hillary Clinton.
NICOLO FILIPPO ROSSO – Exodus (Honduras, Guatemala, Mexico and the United States)
« Cette série est le chapitre le plus récent d’un projet plus vaste, que j’ai appelé Exodus, documentant les migrations sur le continent américain. J’ai parcouru les routes migratoires du Venezuela à la Colombie et de l’Amérique centrale au Mexique et aux États-Unis au cours des quatre dernières années. Cette année, à la suite des ouragans Eta et Iota, je me suis rendu au Honduras. Là-bas, les inondations et les coulées de boue ont perturbé la vie de 4,5 millions de personnes, entraînant une migration importante vers les États-Unis – qui fait suite à d’autres migrations récentes, souvent causées par l’instabilité politique et la violence incontrôlée des gangs. Après avoir suivi des migrants de différents pays pendant si longtemps, j’ai vu d’innombrables histoires de perte et de séparation à travers les yeux des plus vulnérables : ceux qui naissent, grandissent et meurent en mouvement. En documentant les parcours des migrants, j’ai gardé à l’esprit la diversité des raisons qui poussent chaque population à émigrer. Pourtant, j’ai aussi compris que la mobilité humaine affecte largement les sociétés d’Amérique latine. Ces photographies sont le résultat de 8 mois de voyage entre le Honduras, le Guatemala, le Mexique et les États-Unis. »
« Les migrations sont une condition humaine de notre temps, et je veux continuer à documenter ce phénomène sur le continent américain. Je me rendrai en Amérique centrale pour documenter l’instabilité politique et la violence comme principaux moteurs de la migration vers le Mexique et les États-Unis. J’étendrai le projet Exodus aux États-Unis, où tant de migrants continuent de demander l’asile, et je voyagerai le long des routes migratoires de l’Amérique du Sud en Colombie, au Pérou, au Chili et dans les Caraïbes. Chaque histoire et chaque chapitre de ce projet m’ont conduit au suivant. Dans les rues du continent, je continuerai à explorer comment les gens se déplacent, pourquoi ils le font et comment ils commencent un nouveau chapitre de leur vie lorsqu’ils arrivent à destination. »
« Lorsque la pandémie a commencé, début 2020, j’étais à Putumayo, un département colombien du bassin amazonien, où je suis basé. Les voyages et les missions ont été annulés et j’y suis resté huit mois d’affilée, travaillant à distance sur la rédaction de propositions de subventions et de publications. Loin des villes et protégé par l’isolement géographique de la vallée de Sibundoy, je vivais en toute tranquillité avec mes amis de la communauté indigène Kamentza. En août 2020, je suis parti en mission, et depuis, je travaille en Colombie, en Amérique centrale et en Amérique du Nord sur des missions éditoriales et poursuivant le projet Exodus. Chaque fois que je franchissais une frontière, je me faisais tester pour Covid-19 jusqu’à ce que je sois vacciné au Texas et en Arizona pour les premier et deuxième vaccins Pfizer. A suivre les migrants tout au long de leur parcours, comme eux, j’ai passé le plus clair de mon temps à marcher en plein air. Le défi physique de ces itinéraires et le coup ont pu renforcer nos défenses, et j’ai travaillé comme j’en ai l’habitude, à la différence que maintenant, nous portons très souvent des masques. »
A woman crosses the Rio Bravo and enters the United States with 2 children on March 27th, 2021, in Ciudad Juarez, Mexico.
Ces reportages ont été réalisés avec l’aide de l’ONU (UN OCHA)
ARCHIWUM PROTESTOW PUBLICZNYCH – Pologne – Grève des femmes
MICHELE AMORUSO – ALESSIO PADUANO – FEDERICO SCOPPA / AFP – Migrants in Bosnia and Herzegovina
A migrant crosses the snow-covered fields near an abandoned factory in Bihac, Bosnia and Herzegovina on January 26, 2021. Lots of migrants avoid staying inside the Bosnian official refugee camps because of the hard conditions in which they are forced to live and also because the people hosted in the official camps cannot go out freely.
Les projections du Festival Visa pour l'image en plein air au Campo Santo sont devenus un des moment fort de chaque édition de Visa pour l'image. Elles font leur retour pour cette 33ème édition, découvrez une sélection des séries projetées. Nous avons également échangé avec les photographe afin de connaitre mieux leur travail, leur situation du fait de la pandémie et leurs projets pour 2022.
Les projections du Festival Visa pour l’image en plein air au Campo Santo sont devenus un des moment fort de chaque édition de Visa pour l’image. Elles font leur retour pour cette 33ème édition, découvrez une sélection des séries projetées. Nous avons également échangé avec les photographe afin de connaitre mieux leur travail, leur situation du fait de la pandémie et leurs projets pour 2022.
Le Monde au ceour du Campo Santo
Les soirées de Visa pour l’Image retracent les événements les plus marquants de septembre 2020 à août 2021. Chaque soir, du lundi au samedi, les projections débutent par une «chronologie» retraçant deux mois d’actualité de l’année écoulée. Sont ensuite développés différents sujets et points de vue liés aux faits de société, aux conflits, ceux dont on parle et ceux que l’on tait, aux différents constats de l’état du Monde. Visa pour l’Image propose aussi des «rétros», retour sur des faits ou des personnalités majeurs de l’Histoire. Les différents prix Visa pour l’Image sont également remis lors de ces soirées.
Romain Champalaune – Le Groupe
Samsung est le premier groupe sud-coréen, il représente un cinquième du PIB. Par le biais de ses soixante-dix-neuf filiales, Samsung est présent dans toutes les étapes de la vie des Coréens.
William Keo – L’échec du rêve européen des migrants
« La série en projections au Festival Visa pour l’image est un travail que je mène depuis 2 ans sur les migrants en Seine-Saint-Denis (93), l’un des départements les plus pauvres de France.
C’est d’abord des amis qui aidaient des migrants qui m’ont demandé de venir faire des photos pour eux, dans un squat. J’ai passé toute ma vie en Seine-Saint-Denis, je pensais que plus rien ne m’étonnerait mais j’ai découvert un autre monde avec des conditions de vie assez précaire. J’ai alors débuté une documentation sur le quotidien des migrants et leur adaptabilité dans des squats et des camps. »
Comme beaucoup de photographes, mes projets ont été repoussés. J’ai eu beaucoup de mal à produire un travail sur la crise du COVID-19, je me suis alors concentré sur comment cette crise impactait une autre, celle des migrants. J’ai décidé de travailler près de chez moi, les camps et les squats de migrants se trouvent à 15 min de là où j’habite, ce qui facilite énormément l’accès.J
La relation avec le tirage photographique
« Pour moi, la finalité d’une photo est le tirage ou un livre, un support physique. Comme je n’ai fini aucun de mes projets, je n’ai pas encore fais de livre.Je ne pense pas que la vocation d’une photographie soit de rester sur un écran ou un disque dur, peut-être que pour certains marchés comme la presse, cela à du sens, mais le support physique donne une dimension définitive.
Quand je fais tirer des photos, je passe toujours par des laboratoires ou des amis qui s’y connaissent mieux, des personnes dont c’est le métier, ils voient souvent des choses que je ne vois pas et ont des avis parfois très différent du mien et souvent pour le mieux. »
Une année 2022 en suspens
« J’aimerais continuer mon projet sur les migrants, il y a aussi l’élection présidentielle qui arrive et peut-être débuter un travail plus large sur la Seine-Saint-Denis mais c’est au stade de réflexion. Je me rend en Syrie depuis 2 ans pour un projet à long terme, si tout se passe bien j’y retourne en 2022. »
Pour découvrir davantage le travail de William Keo
NICOLAS CORTES – Réfugier du Tigré, l’impossible retour ?
Soudan, Décembre 2020 Depuis le début de la guerre au Tigré, le 4 novembre 2020, plus de 55 000 Éthiopiens se sont réfugiés au Soudan. Un mois après, même si les arrivées se font plus rares, les passages à la frontière vers le Camps de Hamdayet et Ashaba continuent. Dans les camps, des files d’attentes sont organisées un peu partout. Sous un soleil de plomb, les familles passent la plupart de leur temps à attendre. Attendre pour s’enregistrer, manger, remplir des bidons d’eau, obtenir un abri, avoir accès aux soins. Mais surtout, beaucoup sont aussi dans l’attente d’un proche resté de l’autre coté, ou de l’annonce de la fin des combats qui signifierait un retour chez eux.
Mais le gouvernement soudanais voit les choses d’un autre oeil et invite les réfugiés à s’éloigner de la frontière en rejoignant des camps situés en plein désert où la situation humanitaire se dégrade. Débordés par le nombre qui ne cesse d’augmenter, l’histoire se répète. Certains n’arrivent même pas à s’enregistrer et avoir accès à un abri et aux services mis en place dans les camps. Loin de la frontière, les camps prennent des allures de villages et laisse l’incertitude, voir l’impossibilité d’un retour au pays s’installer dans les esprits, avant des mois, voir des années.
Le vendredi 15 décembre, mille personnes quittent le camp provisoire de Hashaba. Le convoi prend la direction du camp d’Oum Rakuba situé à dix-heures de route sur des pistes cahoteuses.
Hashaba, Réfugiés du Tigré, l’impossible retour ?. Hashaba, Soudan – 15 Décembre 2020
ADRIENNE SURPRENANT – République Centrafricaine – un chapitre caché
Marcel, le 23 septembre 2019 à Alindao, en République centrafricaine.
« Quand j’entends des coups de feu, je me pisse dessus. Ces événements m’ont rendu comme un mendiant qui demande quelque chose, comme un réfugié dans mon pays », dit Marcel. « Dans le conflit, ce qui s’est passé, j’ai vu un cadavre sur le sol. La personne qui lui avait tiré dessus avait coupé la chair, un muscle coupé tremblait dans la main du tueur. Il a dit : Je vais aller manger ça, je vais aller griller ça. J’ai eu peur. J’ai rampé au loin. » Depuis lors, quand Marcel ferme les yeux la nuit, la scène se répète, aussi vive que s’il ne dormait pas. « Au moindre bruit, il y a la même peur. »
GUERCHOM NDEBO – RDC – Le commerce illicite du charbon de bois
Motorcycle riders transporting hundreds of kilos of charcoal on their bikes in the eastern Congolese city of Goma. Guerchom Ndebo for Fondation Carmignac.
Le 10 Mai, Mitterrand est élu. Le photojournaliste Yan Morvan débarque de l’avion qui le ramène d’Irlande du Nord où il couvrait les funérailles de Bobby Sands. L’agence Sipa Press l’envoie place de la Bastille photographier la fête de la victoire. Dès lors les sujets pleuvent, il traitera toute l’actualité de cette année « charnière » qui a marqué l’histoire. Quarante ans plus tard, ces images, pour la plupart inédites, sortent de ses archives, dessinant une fresque sensible et sans antagonisme. Réformes sociales d’ampleur, abolition de la peine de mort, attentats, grèves, droit des femmes, lutte anti-nucléaire, fête de la musique et de la jeunesse, fête de l’Huma, prémices de Paris-Plage… les moments de joie et de drame se succèdent. L’opinion publique s’internationalise en solidarité avec les victimes de dictatures. La France veut marquer sa différence dans un contexte international encore plombé par la Guerre froide. 1981 a semé les graines du changement ! Yan Morvan piste, comme un chasseur, les traces fraiches de l’Histoire pour nous en rapporter les preuves. Elles éclairent notre époque.
Les projections en plein air au Campo Santo sont devenus un des moment fort de chaque édition du Festival Visa pour l'image. Elles font leur retour pour cette 33ème édition, découvrez une sélection des séries projetées. Nous avons également échangé avec les photographe afin de connaitre mieux leur travail, leur situation du fait de la pandémie et leurs projets pour 2022.
Les projections en plein air au Campo Santo sont devenus un des moment fort de chaque édition du Festival Visa pour l’image. Elles font leur retour pour cette 33ème édition, découvrez une sélection des séries projetées. Nous avons également échangé avec les photographe afin de connaitre mieux leur travail, leur situation du fait de la pandémie et leurs projets pour 2022.
Le Monde au cour du Campo Santo
Les soirées de Visa pour l’Image retracent les événements les plus marquants de septembre 2020 à août 2021. Chaque soir, du lundi au samedi, les projections débutent par une «chronologie» retraçant deux mois d’actualité de l’année écoulée. Sont ensuite développés différents sujets et points de vue liés aux faits de société, aux conflits, ceux dont on parle et ceux que l’on tait, aux différents constats de l’état du Monde. Visa pour l’Image propose aussi des «rétros», retour sur des faits ou des personnalités majeurs de l’Histoire. Les différents prix Visa pour l’Image sont également remis lors de ces soirées.
Nadia Ferroukhi – Octobre Rose, Du dépistage du cancer du sein à la guérison.
« Le cancer du sein touche une femme sur huit, mais ce qui est d’autant plus inquiétant est qu’il touche également de plus en plus de très jeunes femmes. C’est un cancer très fréquent qui heureusement se guérit très bien, surtout lorsqu’il est détecté tôt. Selon l’INCa (Institut National du Cancer), 3 000 vies pourraient être sauvées chaque année si 70% au moins des femmes de 50 à 70 ans réalisaient un dépistage tous les deux ans… or, aujourd’hui, seules 50% des femmes participent au dépistage organisé. »
Une rentrée sur tout les fronts
« Comme la plupart des photographes, ça été difficile. D’autant plus que mes productions photos sont essentiellement à l’étranger. Voyager reste en ce moment encore compliqué… mais je ne perds pas espoir ! Cette période particulière m’a permis de me poser, de prendre le temps au temps … ce que nous faisons si peu dans notre société où tout va beaucoup trop vite. J’ai également sillonné Paris lors du premier confinement sur mon scooter et appareil photo afin de capturer ces instants de vie comme si le temps s’est arrêté.
J’ai fait un travail sur une dizaine d’années sur des sociétés matriarcales dans le monde. Ce travail a été beaucoup publié et Geo a produit une importante partie. Début Octobre 2021, les éditions Albin Michel sorte un ouvrage sur ce travail de longue haleine, il y aura une exposition dans une galerie à Paris et une autre à Lyon, et dans le festival photo Phemina. Sinon je pars en Egypte pour GEO et j’anime également un atelier photos d’enfants migrants en Seine-Saint-Denis. »
À l’issu du scanner, les manipulateurs prennent des mesures et des repères pour faire un ou plusieurs points de tatouage, qui seront ensuite presque invisibles. Ces points de repère doivent être conservés pendant toute la durée du traitement.
Jeanne Franck – La vallée est morte
« J’étais à Sospel au moment de la tempête Alex, proche de la Roya. Sur place, je me suis fait prêter un appareil photo par mon ami Laurent Carré car j’étais venue à la base passer 3 jours je suis finalement restée 2 mois.
Le lendemain de la tempête Alex, les routes et les réseaux de télécommunications étaient coupés, je n’avais aucune idée de l’ampleur des dégâts. Avec le photographe Laurent Carré (qui travaillait pour Libération) nous nous sommes d’abord rendus à Roquebillière, dans la vallée de la Vésubie, sur les traces du couple emporté avec leur maison. J’ai ensuite contacté un confrère (Pierre Morel) à Paris pour qu’il prévienne Le Monde que j’étais sur place et que je comptais me rendre dans la Vallée de la Roya, qui était la vallée la plus enclavée.
Nicolas Jimenez, le chef du service photo m’appelle et me met en commande avec la journaliste Sofia Fischer. Avec le photographe Laurent Carré nous avons attendu que les gendarmes ne surveillent plus les accès à La Haute Roya pour marcher le long des voies ferrés de nuit et atteindre Tende le matin. A pied, nous avons pu nous rendre compte de l’étendue des dégâts. Sur place, nous avons très vite fait connaissance avec les habitants.
Je n’ai pas souhaité montré uniquement les dégâts mais également la solidarité et la vie sur place, l’évolution. Il va falloir attendre des années avant un retour à la normale et repenser nos modes de vies . Beaucoup d’habitants sont partis c’est le cas de Philippe, pompiste qui ne souhaitait pas élevé ses enfants dans un paysage chaotique.
J’ai un attachement très fort pour cette vallée je suis toujours en contact avec les habitants qui me donnent régulièrement des nouvelles. Je souhaite y retourner et continuer à documenter cette région. Je suis très contente que cette série soit projetée à Visa pour l’Image : c’est important de montrer les conséquences du dérèglement climatiques qui ont touché cette vallée mais aussi ses habitants.
2022
« En 2022 je vais retourner en Bosnie-Hezergovine où j’ai un projet depuis 2018 sur les traumatismes de la guerre de 92-95 chez les jeunes en Bosnie-Herzégovine.Je travaille également sur la cité des Fauvettes à Pierrefitte sur Seine qui est une des cités les plus délabrées d’ile de France. Elle sera détruite dans quelques années. Je vais également animer des ateliers photos pour les enfants de la cité Cordon à Saint Ouen. Et bien entendu j’espère continuer le travail sur la Vallée de la Roya. »
Découvrez l’univers photographique de Jeanne Franck
Fontan, France le 7 octobre 2020 – Ce qu’il reste de la route internationale reliant Cuneo à Vintimille entre Fontan et Tende. Cinq jours plus tôt (le 2 octobre), les pluies diluviennes de la tempête Alex s’abattaient sur les Alpes du Sud causant la mort de neuf personnes. Neuf autres sont toujours portées disparues. Dans la vallée de la Roya, 50 kilomètres de route sont à refaire. Le haut de la vallée à partir de Saint-Dalmas-de-Tende est désormais accessible uniquement par voie ferrée. Deux pistes d’altitude existent, culminant à 1 900 et 1 700 mètres, et mènent en Italie. Des travaux d’accès sont réalisés au départ de Fontan. Dans les zones les plus détruites, des passages sont aménagés dans le lit du fleuve.Photo : Jeanne Franck.
Jeremy Suyker – Au Caire, l’État déloge les morts et enterre le patrimoine
« Au cœur du Caire historique, cette nécropole est depuis toujours habitée par l’Homme. On estime aujourd’hui à plus d’un million de personnes résidant dans ces caveaux et mausolées dont certains sont vieux de plusieurs siècles. En partie classée au patrimoine mondial de l’Unesco, la Nécropole est menacée de destruction par les autorités égyptiennes qui ont lancé un vaste chantier de ponts autoroutiers au nord et au sud du cimetière. Des dizaines de tombes ont été détruites depuis août 2020, des familles entières délogées et des dépouilles exhumées transférées in extremis. A terme, c’est toute la Cité des morts qui pourrait disparaître au profit d’un vaste projet immobilier, déjà pensé à l’époque de Hosni Mobarak. »
Le tirage photographique
« Plus jeune, je pouvais passer des heures dans la chambre noire à tirer mes n&b. J’ai toutefois le plaisir de découvrir mes photographies tirées régulièrement lors d’expositions, personnelles ou collectives. C’est toujours un moment particulier, comme l’aboutissement de quelque chose d’important et de profondément humain. Une photographie restera toujours pour moi un acte d’amour, un don de soi. Et c’est sur le papier que la magie opère. »
Un gardien de tombe éclaire une tombe vieille de 150 ans dont il a la charge. Né dans la nécropole, ce tourabi de 62 ans risque d’être expulsé par les autorités qui veulent raser son secteur et ériger un nouveau quartier résidentiel. Le gouvernement lui a promis un nouveau logement équipé d’une télévision et d’électroménager flambant neuf. Il n’y croit pas et ne souhaite pas voir le cimetière disparaître. « Nous avons de bons rapports avec les morts, dit-il. Ils nous respectent et nous les respectons. » // Reportage sur la Nécropole al-Arafat au Caire, aussi connue sous le nom « Cité des morts ». Octobre 2020. Jeremy Suyker / item
Valentin Bianchi – L’ombre du Japon
Pour « L’ombre du Japon », projeté pendant la semaine professionnelle de Visa pour l’image, j’ai souhaité mettre en image une problématique assez méconnue au Japon.
Depuis l’éclatement de la bulle économique à la fin des années 80, le Japon peine à sortir de la crise financière et de plus en plus de personnes âgées sont confrontés à une précarité grandissante. Si beaucoup continuent à travailler, par choix ou par nécessité, un nombre croissant d’entre eux rencontre de réelles difficultés à survivre. Cette problématique, accentuée par l’exode rural, prend une ampleur sans précédent dans les grandes mégapoles comme Tokyo ou Osaka. Alors qu’auparavant, il était rare de voir des sans-abris dans les rues de Tokyo, les abords de la gare de Shinjuku ou encore les longues routes sous les bâtiments de l’hôtel de ville de Tokyo, débordent de cette misère produite par les sociétés de consommation.
Abandonnés par un système social défaillant à leur égard, ces laissés pour compte en sont venus à commettre de petits délits afin d’être arrêtés et envoyés en prison. Il s’agit pour eux de rompre un cercle sans fin qui les tirent toujours plus bas. La précarité, l’isolement, l’absence de conditions sanitaires satisfaisantes et le manque de liens sociaux sont les facteurs les plus fréquemment évoqués chez les délinquants âgés. Le confort très relatif trouvé en milieu carcéral pousse une partie des délinquants âgés à commettre d’autres délits dès la sortie de prison, afin d’y être renvoyés au plus vite. Pour être condamnés, il faut qu’ils soient multi récidivistes ce qui, par effet pervers, pousse ces délinquants du troisième âge à réitérer dès que la rue se profile comme seul espace de survie.
La loi japonaise tente pourtant de s’adapter et considère cette nouvelle problématique. Certaines prisons développent des unités d’accueil dédiées et aménagent les conditions d’emprisonnement à ces détenus si particuliers
Passionné de tirage photographiques
« Je suis un amoureux de l’image sur papier. Et sans aucun doute un amoureux du papier également. L’objet reste essentiel à mes yeux. Une image prend toujours une dimension différente une fois sur papier. Celle-ci est valorisée et soulignée, surtout via le choix d’un bon papier. Je réalise moi-même la plupart de mes impressions depuis de nombreuses années. Ca me permet de maitriser ma chaine graphique du début à la fin. Mais je fais confiance, bien évidemment, aux tireurs professionnels pour des formats que je ne peux imprimer moi-même. Et j’avoue que par manque de temps, je passe de plus en plus par des labos professionnels. »
Découvrez en plus sur l’univers de Valentin Bianchi
Tokyo, Japan. January 31, 2020. An elderly gentleman carries some personal belongings on a cart and looks at the area under the bridge that connects Tokyo to Yokohama. Many homeless people live under this bridge. During the fall of 2019, a typhoon ravaged the banks of the Tamagawa River, destroying in the process many makeshift shelters where several hundred elderly people had taken refuge. Photo : Valentin Bianchi.
Le projet basé sur l’univers des Mariachi à Mexico City. Ruben Salgado Escudero les à suivis pendant 4 mois durant la pandémie. Ces musiciens très appréciés dans la culture mexicaine se sont retrouvés sans aide, Il à également crée une plateforme pour les soutenir, leur permettre de continuer à travailler et créer du lien social avec le public. Ce n’est pas simplement un projet photo mais plus largement une plateforme interactive.
Il à également été aidé par National Géographic pour ce projet.
Monica Rivera Zuñiga (36), is a mother of two children and third generation mariachi musician. Her mother, who she lives with, is a nurse and has warned her to stay home. “I stayed home for two weeks, but saw all of my colleagues were still going out and decided the income was worth the risk.”
HIROKO MASUIKE : Tsunami, un village anéanti et une décennie d’espoir
Villagers hand lanterns to Kenichi Konno, center, to float lanterns to send off the spirits of the dead on the Kesen River on the last day of Obon, a Buddhist event to honor ancestors, in Kesen, August 15, 2012. Kesen community lost about 200 residents to the tsunami. Survivors and their family members gather to honor the spirits of the tsunami victims during Obon. People looked back the light with nostalgia on the days when they lived together in the community.
View of the silo of the port through the window frame of a bedroom with smashed glasses due to the explosion of August 4. The Beirut blast that devastated the city caused by 2750 tons of ammonium nitrate stored in a warehouse port killed at least 204 people, injured more than 6500 and 3000 have lost their homes. Lebanon, Beirut, August 21, 2020. Karine Pierre / Hans Lucas agency.
Dans une chambre a coucher, vue sur le silo du port a travers l’encadrement d’une fenetre dont la vitre a eclate lors de l’explosion du 4 aout. L’explosion du port de Beyrouth qui a devaste la ville causee par 2750 tonnes de nitrate d’ammonium stockes dans un port d’entrepot, a tue au moins 204 personnes, en a blesse plus de 6500 et 3000 ont perdu leur logement. Liban, Beyrouth, 21 aout 2020. Karine Pierre / Agence Hans Lucas.
ont eu le plaisir de travailler sur l’exposition de Olivier Jobard, "Éthiopie, exils et dérives" lauréat du Prix Camille Lepage 2020.
Les expositions phares du festival photo Visa pour l’image 2021 par Initial LABO, Yonnel Leblanc et Aurélie Guillou, ont eu le plaisir de travailler sur l’exposition de Olivier Jobard, « Éthiopie, exils et dérives » lauréat du Prix Camille Lepage 2020.
Une relation particulière avec le tirage photographique.
« J’ai un rapport très personnel avec le tirage photographique. J’ai longtemps réalisé mes propres tirages en noir/blanc et même en couleurs dans ma salle bain .La photographie est d’abord une passion de jeunesse initiée dans un Photo Club puis à l’école Louis Lumière »
J’ai une relation de confiance que j’ai établie depuis déjà longtemps avec Yonnel Leblanc. Je le suis depuis qu’il est à Central Color. On se parle et on s’écoute. Je tente un premier développement seul qui n’est jamais aussi fin que Yonnel. A partir de mes fichiers raw, il reprend les corrections pour obtenir un meilleur résultat. »
Un exode massif du au dérèglement climatique.
En arrivant en Éthiopie en 2019, je découvre un pays au bord du gouffre. Partout la terre manque. Tantôt asséchés, tantôt inondés, les sols fertiles sont disputés entre les différentes ethnies qui contestent les redistributions des régimes passés. Ces chocs climatiques et tensions agraires entraînent un exode sans précédent.
J’accompagne alors les migrants éthiopiens dans leur voyage vers l’Arabie saoudite. Un pays qui incarne pour eux un eldorado où ils pourront gagner de quoi vivre dignement. Ils s’y rêvent ouvriers, capables de payer à leurs familles une maison « en dur », mais le rêve ne se concrétise que pour certains.
Ethiopie, un avenir incertain
Partis à pied pour un périple de plus de 2 000 kilomètres, la route se révèle une épreuve aux risques parfois mortels et les affrontements ethniques s’y reproduisent. Nombreux sont ceux qui meurent de déshydratation ou se noient pendant la traversée de la mer Rouge. La torture est ensuite un passage presque obligé dans un Yémen en guerre, livré au règne des milices locales et des mafias éthiopiennes de la migration. Pour beaucoup la route s’arrête à Aden, ancienne capitale du Sud-Yémen, où les migrants atterrissent en n’ayant plus de quoi payer la suite du périple.
Dans ce pays à l’avenir incertain, je me suis attaché au destin de Moustafa. Migrant, il rêvait d’échapper à sa condition de paysan. Il a été touché par une balle au Yémen alors qu’il allait passer la frontière avec l’Arabie saoudite. Après six mois de galères dans un pays ravagé par la guerre, il a été rapatrié en Éthiopie. Il vit désormais de la mendicité car son vieux père est trop pauvre pour s’occuper de lui. Moustafa rêve d’un « petit exil » à Addis-Abeba, la capitale, pour ne pas déshonorer sa famille en mendiant. Son parcours à la dérive m’apparaît comme l’incarnation d’une jeunesse éthiopienne sans horizon, pour qui la fuite à tout prix reste l’unique option.
Et alors que je suis la route de Moustafa pendant deux ans, j’assiste à un nouvel exode. Fin 2020, une guerre éclair au Tigré conduit des dizaines de milliers de familles à tout quitter. Du jour au lendemain, combats et bombardements les poussent vers le Soudan voisin. Dans ce pays parmi les plus pauvres au monde, les Éthiopiens deviennent réfugiés, sans savoir s’ils pourront un jour regagner leur pays.
Ces reportages ont également été réalisés avec l’aide du Figaro Magazine et de La Croix Hebdo.
Exposition de Olivier Jobard, Ethiopie, exil et dérives est visible dans le cadre du Festival Visa pour l’image au Couvent de Minimes du 28 août au 26 septembre 2021 de 10h à 20h, entrée libre
Pour connaitre davantage le travail de Olivier Jobard :
L’Hyper Festival est une programmation culturelle d’envergure, qui réunit des établissements culturels de la Ville de Paris, les grands festivals de l’été et des événements artistiques donnés quotidiennement sur l’espace public, dans tout Paris.
The Crown Letter est un collectif international de femmes artistes. Il a été fondé par l’artiste française Natacha Nisic en avril 2020, en réponse à la première vague de la pandémie de coronavirus. Natacha Nisic a créé le projet pour répondre au besoin de soutenir la production et la diffusion de l’art des femmes.
Au cours de l’année écoulée, les artistes ont publié une édition de The Crown Letter en ligne chaque semaine, avec des œuvres de ses nombreuses contributrices réparties dans le monde. Ces œuvres reflètent un instant T à travers le dessin, la sculpture, la photographie, le collage, l’écriture, le son et le cinéma. Il n’y a pas de critères de sélection ni de programme curatorial.
Parallèlement au site Web, les artistes organisaient un salon hebdomadaire de The Crown Letter via zoom pour discuter de l’art et soutenir mutuellement leur production pendant cette période difficile. Plus de cinquante artistes ont contribué régulièrement à The Crown Letter au cours de l’année écoulée, de sorte que le site Web présente aujourd’hui une vaste collection d’œuvres d’art interdépendantes.
Les motivations qui sont à l’origine de The Crown Letter sont : la diffusion de l’art des femmes; l’échange et le dialogue artistiques; la solidarité. The Crown Letter a duré plus longtemps que quiconque ne l’avait prévu (tout comme la pandémie) et se poursuit parce que les artistes en ont fait un espace partagé, pour donner du sens au présent. The Crown Letter est devenue un journal collectif de correspondances entre artistes et entre œuvres d’art, ainsi qu’un «journal intime collectif» de la pandémie.
Par ce geste collectif, ces dialogues hebdomadaires, les artistes ont révélé de nouveaux rapports au temps de la fabrication et de la diffusion. Elles ont créé un lieu dans lequel elles peuvent exprimer des idées de manière réactive et immédiate, un espace sans frontières ni sélection. C’est un espace où elles combinent librement leurs formes et leurs forces, et ce faisant, découvrent des échos et des rythmes imprévus à travers leurs œuvres communes et diverses. C’est ce nouveau lieu inventé – appelé « refuge » par l’artiste participante Ivana Vollaro – qui rend The Crown Letter unique en cette période de pandémie.
Le photographe Bernard Plossu nous fait voyager dans le temps et les rues de Paris. Depuis 1954, il parcourt la ville, armé de son appareil photographique. Son œil sensible a enregistré les vibrations de la capitale sur plusieurs décennies, et à travers lui on découvre un Paris diérent, suspendu dans le temps. « Paris est la ville que j’ai habitée enfant, et elle a beaucoup compté pour moi, surtout de 1960 à 1965, mes années d’adolescence, où j’allais tout le temps « apprendre » les images à la cinémathèque, et voir les films de la Nouvelle Vague au quartier latin. »
Les images de Plossu se reconnaissent par leur simplicité. Poétiques, sensuelles et vibrantes, elles évoquent une certaine douceur de vivre, un bonheur dius. Plossu se définit comme « le photographe des moments non décisifs ».
Son écriture intime est particulièrement reconnaissable à travers cet ensemble inédit de vues de Paris, prises dès son plus jeune âge (9 ans!) et jusqu’à aujourd’hui. Le procédé couleur qu’il a choisi pour cet ensemble est particulier: il s’agit du procédé Fresson, un procédé de tirage au charbon mis au point en 1952 par Pierre Fresson, et poursuivi par son fils Michel, auteur des tirages ici reproduits en grand format. Sa texture, le rendu incomparable des matières et le grain des couleurs permettent selon lui de « voir l’épaisseur du temps dans le papier ».
Ce qui est difficile, c’est d’arriver à voir « chez soi » comme il dit. Alors suivez le guide: « il suffit de bien regarder, et de se laisser tout revoir, comme une première fois. »
Emmanuelle de l’Ecotais www.photodays.paris
Bernard Plossu est né en 1945, vit et travaille à la Ciotat. Il est représenté par la galerie Camera Obscura. Les photographies exposées ont fait l’objet du livre « Plossu Paris » paru en 2018 aux éditions Marval, rue Visconti. L’exposition est présentée dans le cadre de L’Hyper Festival de la Ville de Paris, manifestation culturelle pluridisciplinaire proposant plus de 200 événements sur l’espace public durant l’été.
Bernard PLOSSU Place de l’Étoile, Paris 8e, 1954 Tirage Fresson
Initial LABO présente son nouveau podcast photo MANDARINE, pour mettre en lumière le travail des photographes, de la prise de vue au tirage à l’exposition.
« J’ai eu l’intuition que le N&B pouvait être une culture commune des photographes de MYOP. »
Les trois premiers épisodes nous dévoilent les coulisses de l’exposition Back to Black du collectif Myop. Et, une exposition éphémère à la Galerie Henri Compte qui a eu lieu pendant la semaine professionnelle, du 4 au 11 juillet auxRencontres d’Arles 2021. On y était !
Retrouvez les interview de : Olivier MONGE – Alain KELER – Guillaume BINET – Stéphane LAGOUTTE
Répondant à la curiosité très aiguisé de Léonard Pauchon, vous découvrirez les propos d’Olivier Monge, commissaire de l’exposition, qui nous expliquera le cheminement entre l’idée et la réalisation de Back to Black.
On découvre aussi Alain Keler, son parcours de photographe et ses réflexions sur la photographie contemporaine et ses nouvelles formes.
Et pour le troisième volet (…qui arrive bientôt ! ), Léonard est allé sur place le jour de la fermeture. Une rencontre informelle est organisée avec des photographes de MYOP et les derniers visiteurs, sous les parasols encore déployés.
Un projet créatif pour célébrer la Photographie Argentique
Initial LABO et Lomography renforcent leur partenariat avec la mise en place de ce premier projet global.
Le 12 avril, à l’occasion de la journée de la photographie Argentique, Initial LABO et Lomography France se sont associés afin de créer un projet créatif commun : Le Film Swap.
Le Film Swap est un projet d’échange de pellicules entre photographes mettant à l’honneur la technique de la surimpression. En reprenant des photos sur une même pellicule, le second photographe va faire des surimpressions sur les images du premier et laisser ainsi découvrir l’entremêlement de la photographie argentique et du hasard sur une et même photo. C’est un projet original et inédit permettant à nos photographes d’échanger des idées et des histoires.
Le Film Swap est un projet d’échange de pellicules entre photographes mettant à l’honneur la technique de la surimpression. En reprenant des photos sur une même pellicule, le second photographe va faire des surimpressions sur les images du premier et laisser ainsi découvrir l’entremêlement de la photographie argentique et du hasard sur une et même photo. C’est un projet original et inédit permettant à nos photographes d’échanger des idées et des histoires.
Surimpression Caroline Ruffault et Laura Lafon
Un appel à la candidature à donc été ouvert afin de donner la chance à tous nos photographes amateurs de photographie Argentique de tenter de collaborer avec l’un des 6 grands photographes partenaires : Sylvie Barco, Fred Mortagne, Franck Seguin et Yan Morvan; Anne-Fleur Sire et Caroline Ruffault.
Parmi les nombreuses participations nous avons sélectionné les photographes Natalie Rezelman, Max Ramoul, Jérémie Jung, François Boutaud, Alban Van Wassenhove et Laura Lafon.
Des duos de photographes ont par la suite été formés :
Caroline Ruffault & Laura Lafon, Franck Seguin et Jérémie Jung, Yan Morvan & François Boutaud, Anne-Fleur Sire & Alban Van Wassenhove, Fred Mortagne & MAX Ramoul, Sylvie Barco & Natalie Rezelman.
L’exposition du Film swap dans les vitrines d’Initial LABO !
Vous aurez le plaisir de découvrir et contempler les résultats du Film Swap dans nos vitrines du 1 juillet au 4 septembre 2021. Nous avons pour l’occasion développé un visuel innovant pour exprimer la philosophie derrière le Film Swap. Toutes les photographies ont été tirées par nos tireurs Aurélie Guillou et Yonnel Leblanc.
Des ateliers photographiques créatifs
Lomography et Initial LABO vous proposent également d’exprimer vos talents de photographe ainsi que de laisser libre court à votre créativité à travers deux ateliers :
Samedi 3 juillet 2021 à 14h : Atelier Surimpressionavec les appareils instantanés Lomography Atelier gratuit sur inscription. Prêt d’un appareil instantané Lomography et un pack de 10 photos instantanées offert.
Samedi 4 septembre à 14h : LomoWalk avec Fred Mortagne et les pellicules Lomography Tarif : 50€ pour l’atelier, une pellicule 35 mm, développement et numérisation par Initial LABO.
Nombre de places limité, réservation obligatoire par email [email protected]
Si vous souhaitez d’autres informations, rendez-vous sur le site internet Lomography France en cliquant sur le lien ci-dessous.
Initial LABO est fier de pouvoir mettre son expertise à contribution de la 18 ème édition du festival photo La Gacilly qui se tiendra du 1er juillet au 31 octobre.
Depuis 2015, Nos équipes travaillent en collaboration avec les photographes exposés afin de restituer pleinement leur univers photographique.
Pour la deuxième année consécutive, nous nous associons à l’AFP afin de mettre en lumière deux photographes de l’Agence basés dans le Grand Nord. Ils ont été sélectionnés par Cyril Drouhet, commissaire du Festival et Pierre Fernandez, responsable des contenus multimédia à l’AFP.
Le festival La Gacilly, un festival engagé
Le festival photo La Gacilly est un festival en plein air, habillant de ses photographies exposées, les murs, les rues et les jardins de La Gacilly. L’espace public laisse alors place à un espace scénique, partagé et accessible à tous, gratuitement. Il offre aux visiteurs la possibilité de vivre une expérience immersive et déambulatoire au cœur d’une trentaine de galeries à ciel ouvert et en grand format.
C’est également un festival engagé mettant en avant les grands enjeux de la société.
Chaque année, le Festival développe 2 thématiques. L’une géographique, qui propose des focus sur la création contemporaine propre à un pays ou un continent comme par exemple l’Afrique sub-saharienne en 2017. L’autre, environnementale, qui zoome sur une problématique liée à la protection de l’environnement telle que la relation Homme – Animal. En abordant les grands sujets de société dans une approche artistique et esthétique, le Festival Photo La Gacilly fait écho aux préoccupations de chacun.
En effet, face à des modes de production socialement et écologiquement destructeurs, le Festival promeut un vivre-ensemble harmonieux et une ouverture à l’autre apaisée, un mode de vie épanouissant et un modèle économique vertueux.
Destination « Plein Nord »
Cette année, la photographie scandinave est mise à l’honneur avec les photographes venus du Danemark, de Suède, de Finlande, d’Islande ou encore de Norvège. « Plein Nord » rend compte des grands enjeux environnementaux de notre époque tel que le changement climatique provoquant la fonte des glaciers.
Vous pourrez y retrouver :
Sune Jonsson – Mémoires Suédoises
Pentti Sammallahti – Ici au loin
Tiina Itkonen – Entre ciel et glace
Ragnar Axelsson – L’homme et l’hiver
Tine Poppe – Variations végétales
Sanna Kannisto – Vol au-dessus d’un studio
Erik Johansson – En trompe-l’oeil
Helena Blomqvist – À la source des rêves
Jonas Bendiksen – Big Melt et Vesteraalen News
Jonathan Näckstrand – Acclimations
Olivier Morin – Sports givrés
« Sports givrés » – Olivier Morin (France)
Qu’est-ce qui pousse un surfeur à pratiquer sa passion dans des eaux frôlant les 3°C, au milieu des fjords enneigés ? « Ils n’ont tout simplement pas le choix », raconte Olivier Morin, rédacteur en chef du département photo de l’AFP, anciennement basé à Stockholm et amoureux des pays scandinaves qu’il continue de documenter. « Pour les Norvégiens, qui représentent la majorité des individus que je photographie, ces températures extrêmes ne sont pas un problème : ils vivent avec toute l’année. »
Olivier Morin
Jonathan Näckstrand – Acclimation – (Suède)
Le Grand Nord, Jonathan Näckstrand l’a parcouru en long et en large. « Il n’y a qu’un seul endroit où je n’ai pas encore été : le Svalbard. » La plus septentrionale des terres de la Norvège manque à ce Suédois, photographe pour l’AFP basé à Stockholm. Mais en sillonnant les pays scandinaves, Näckstrand a appris à les connaître dans toutes leurs complexités.
Jonathan Näckstrand
Engagé et collaborant avec de nombreux photographes soucieux d’enjeux humanitaires et environnementaux, Initial LABO est ravi d’être partenaire du Festival Photo La Gacilly
Dandy est la référence des magazines masculin de mode et de luxe . Il cultive les valeurs de l’élégance, du savoir être et du savoir vivre. Il s’attache à tout ce qui fait le style : l’habillement et l’accessoire, l’automobile, mais laisse aussi une large part à la culture. Initial LABO partage les même valeurs au sein de son concept store et c’est tout naturellement que Dandy nous à proposé d’écrire la rubrique « Un moment de photographie avec Initial LABO ». Vous pourrez y retrouver des interview de nos photographes (Emanuel Scorceletti dans le numéro de printemps 2021 et Stéphan Gladieu dans le numéro d’Eté), mais également l’actualité des Festivals photographiques.
Le festival La Gacilly mis à l’honneur
Initial LABO est partenaire de la 18 ème édition du festival photo La Gacilly dont le thème de cette année est Le Grand Nord. Nos équipes ont eu le plaisir de travailler sur les images de : Erik JOHANSSON, Florence GOUPIL, Helena BLOMQVIST, Jonas BENDIKSEN, Mathias DEPARDON, Nick BRANDT, Sammallahti PENTTI et Tiina ITKONEN
Nous sommes particulièrement impliqués dans le projet d’exposition avec l’AFP avec les photographes : Jonathan NACKSTRAND et Olivier MORIN
La Corée du Nord par Stéphan Gladieu présentée aux Rencontres d’Arles.
Stéphan Gladieu est un photographe ayant beaucoup voyagé et couvert les questions de guerre et sociales. Reporter dans ses premiers jours, il a très rapidement utilisé le portrait pour illustrer la condition humaine dans le monde entier. Aujourd’hui, les travaux de Stéphan Gladieu sont publiés dans des publications de premier plan en France et à l’international.
Découvrez-en plus sur Stéphan Gladieu ainsi que le festival La Gacilly en consultant l’article dans la rubrique spéciale « Un moment de photographie avec Initial LABO » dans le magazine Dandy. Vous retrouverez l’interview de Stéphan Gladieu ainsi que le premier numéro en cliquant sur les liens ci-dessous.
Initial LABO a l’immense honneur de collaborer avec la BnF sur un projet d’envergure, destiné à répertorier une importante sélection de photographes brésiliens contemporains.
La BnF est la seule institution nationale à conserver un ensemble aussi significatif de tirages de photographes. Nous pouvons y retrouver Sebastião Salgado, Miguel Rio Branco, Carlos Freire, Regina Vater, Nair Benedicto, Alécio de Andrade, ou encore Cassio Vasconcellos.
Initial LABO, mécène de la BnF
Depuis 2019, Initial LABO a pu faire entrer au sein de cette institution pas moins de 400 tirages de quelques grands noms de la photographie brésilienne. Cela a été possible grâce au travail rigoureux du commissaire et galeriste Ricardo Fernandes. Cela à également eu lieu grâce à l’intérêt et aux connaissances de Héloïse Conesa, conservatrice du patrimoine. Elle est chargée de la collection contemporaine au département des estampes et de la photographie à la BnF.
D’ailleurs, un très bel exemple, la photographie « Menino marceneiro », par la photographe Lita Cerqueira. Elle enrichit l’analyse dans l’exposition « Noir et Blanc, une esthétique de la photographie ».
la photographie brésilienne mise à l’honneur !
Accompagner les photographes est un engagement majeur de Initial LABO.
Il est de notre volonté que la photographie brésilienne puisse retrouver la place qu’elle occupait dans la scène internationale. En effet, elle e a longuement été méconnue suite à un arrêt brutal dans les échanges culturels pendant les années de dictature militaire dans le pays.
Les thématiques explorées dans le cadre de cet enrichissement des collections sont multiples. Les paysages urbains ou naturels, le métissage ethnique, la communauté noire de Bahia, les répercussions de la mondialisation depuis l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro et bien d’autres y sont mis en avant.
Nous espérons vous faire découvrir cette collection lors d’une grande exposition.
Nous vous invitons à découvrir d’autres informations à travers l’article « Brésil ! » ainsi que le site internet de la BnF
« De par mon parcours, j’ai voulu mettre le prisme de l’enfance au cœur de mon tout premier livre photo. Les enfants du Bangladesh ne sont pas différents des autres enfants. »
Pascal Villeneuve
Initial LABO vous présente l’exposition « BANGLADESH » de Pascal Villeneuve.
Rares sont les projets liés au Bangladesh qui en présentent une vision globale et honnête. Le projet Bangladesh de Pascal Villeneuve regroupe une exposition photographique ainsi qu’un livre. Les photographies qu’il y présente sont un témoignage profond de la situation de ce pays. Il rend hommage à sa complexité ainsi qu’à sa beauté.
Représentant de l’Unicef au Bangladesh pendant de nombreuses années il à parfaitement compris la nature de ce pays et la complexité de ces habitants. Ce pays a de multiples visages issus de son histoire et de sa géographie. Victime de la montée des eaux, ces habitants ont su trouver au fond d’eux une force qui leur à permis de faire de leur pays l’un des plus dynamique de la région.
A travers son exposition et son livre, Pascal Villeneuve nous fait voyager à travers la diversité des paysages et des visages nous menant à mieux comprendre les enjeux économiques et sociaux qui secouent ce pays, le développement du travail et en particulier du textile, qui amène une certaine richesse mais engendre également de grands malheurs en est un des exemple le plus parlant.
Le Bangladesh, un pays unique
Au cœur du delta du Gange et du Brahmapoutre qui est le plus grand delta fluvial du monde, se trouve le Bangladesh. En passant des plaines luxuriantes aux grandes étendues d’eau, ce pays accueille l’une des populations les plus denses du monde.
Emergeant des cendres d’une guerre d’indépendance en 1971 ce pays est perçu comme étant la deuxième nation la plus pauvre du monde. Alors que très peu croyaient en la survie de ce pays en tant qu’état indépendant, celui-ci a réalisé certains des progrès les plus importants jamais observés dans les conditions de vie de base de la population.
Un hommage aux jeunes générations
Ce projet met en images la vie de communautés Bangladeshi principalement en milieu rural, avec un accent sur la condition des enfants, des adolescents et des jeunes adultes. Il met également en avant les nombreux succès réalisés par le Bangladesh sur le plan socio économique, et dont ce pays peut être fier, tout en insistant sur des domaines méritant une attention soutenue, tels que les risques environnementaux, l’atténuation des conséquences des changements climatiques ou le mariage des enfants.
Dans « Faubourg Treme », son précédent livre aux Éditions André Frère, le photographe Alexis Pazoumian se questionnait sur la reconstruction suite à une catastrophe naturelle, faisant un parallèle entre son pays d’origine, l’Arménie, et cette région dévastés 10 ans auparavant par l’ouragan Katrina. On le retrouve aujourd’hui avec son dernier livre de photographies « Sacha » (Alexis Pazoumian, Éditions André Frère).
« Les similitudes sont nombreuses entre la Louisiane et mon pays d’origine, l’Arménie. Qu’elles soient victimes d’une catastrophe naturelle ou d’un crime contre l’humanité, un acharnement de l’histoire a meurtri ces populations mais n’est jamais venu à bout, bien au contraire même, de leur combativité… »
Alexis Pazoumian
Il nous emmène cette fois-ci dans le grand nord sibérien, et plus précisément en Yakoutie, la région la plus froide du monde, à la rencontre de Sacha, un éleveur de rennes, en première ligne face aux dérèglements climatiques.
Alexis Pazoumian, un ADN de voyageur.
Ce voyage n’a rien d’un hasard, la Russie à toujours passionnée Alexis, bercé par les récits de son grand-père artiste peintre, Richard Jeramian, qui s’y rendit en 1957 puis y exposa en Sibérie en 1980.
Lorsque Alexis apprend que les membres d’une branche éloignée de sa famille ont émigré en Sibérie suite au tremblement de terre de 1988, il voit là un signe et décide de s’y rendre à de nombreuses reprises entre 2017 et 2019.
Yakoutsk, mi-paradis mi-enfer.
Plus grande ville construite sur du permafrost, un sol dont la température se maintient en dessous de 0°Cpendant plus de deux ans consécutifs, ces habitants vivent dans une véritable instabilité. Le réchauffement climatique provoquant une fonte du permafrost qui crée de graves problèmes pour les populations locales : affaissement de terrains, déformation des routes, rupture des oléoducs…
Malgré ces conditions, la Yakoutie fascine. « Ses sous-sols regorgent d’or, de pétrole et de charbon. C’est aussi la première productrice de diamants du monde », précise l’auteur. Un territoire fabuleux, immaculé, mais hostile. « Les températures hivernales atteignent -60 °C », rappelle le photographe.
La première partie du livre est une plongée dans cet univers inconnu, mêlant des portraits d’habitants aux habitations soviétiques et aux scènes de la vie quotidienne. Nous comprenons sur leurs visages la dureté de leur quotidien, mais en même temps une certaine fierté de vivre si proche de la nature.
« Lorsque Dieu a survolé la Yakoutie un jour d’hiver, ses mains ont gelé et il a ainsi laissé échapper tous ses trésors ».
Légende Yakoute
Alexis nous livre, dans un cahier central, les récits de ces voyages en Yakoutie, son arrivée, son intégration parmi les habitants, puis son envie d’aller plus loin à la recherche d’un ailleurs.
A la rencontre de Sacha
Apprenant qu’une communauté d’éleveurs de rennes, les Evènes, vivait coupée du monde, Alexis décide de continuer son voyage et de rejoindre leur campement.
« Pour se rendre dans la région des éleveurs de rennes il faut traverser La R504 « Route des os ». Longue de plus de 1000 kilomètres, la succession d’images blanches et neigeuses, similaires, nous emporte vers un monde perdu plus glacial encore, jusqu’à -70°. La R504 fut construite par les prisonniers des goulags en 1932. La route est considérée comme le témoin d’une époque, elle garde en elle les os des ouvriers morts durant sa construction. »
Alexis Pazoumian
C’est dans cette communauté que Alexis rencontre Sacha, éleveur de plus d’un millier de rennes, il nous fait découvrir dans la deuxième partie du livre son quotidien, la beauté et la rudesse des paysages, c’est une plongée dans un monde inconnu mais si proche de nous.
« Sacha » est une ode à la nature, à la liberté mais également un avertissement face à notre tendance à défier la nature, à la maltraiter sans en comprendre les conséquences. Chacun trouvera dans « Sacha » différentes strates de lectures, la beauté des photos, l’intimité du récit et son universalité.
« Nous sommes maîtres de notre territoire, mais nous ne pouvons pas contrôler la nature, elle reprend toujours ses droits. »
Alexandre Gromov Nicolaevitch dit « Sacha »
Ce livres est une très belle découverte, André Frère à mis tout en oeuvre pour mettre en valeur les photographies et le message de Alexis Pazoumian, la qualité de la couverture et du papier, la présence d’un livret central, ainsi que le tiré à part en anglais, l’ensemble contribue à faire de « Sacha » un livre majeur de 2020. Le livre a ainsi été nommé pour les prix HIP 2020.
Sacha aux Éditions André Frère, 112 pages, 40 photographies couleur + 18 argent & noir, 37 € Disponible dans notre boutique en ligne ou en magasin.
Peu de livres arrivent à décrire une société contemporaine en ayant une solide compréhension de son histoire. La capacité de se détacher de son regard occidental le tout illustré de photos d’une qualité artistique indéniable. Le photographeMathias Depardon trouve la bonne formule dans « Transanatolie » aux Editions André Frère
Le travail au long court de Mathias Depardon est exposé au Musée des Archives en 2017. Françoise Nyssen, Ministre de la Culture, découvre alors son travail. Ce livre referme cinq année de pérégrination dans l’ancien empire ottoman.
Mathias Depardon & la Turquie
Mathias Depardon découvre la Turquie 2010 lorsqu’il y suit des migrants syriens dans le cadre d’un reportage. Mais c’est deux années plus tard, lorsqu’il s’installe à Istanbul qu’il comprend l’influence turque dans la région et décide de l’explorer en profondeur.
Il parcours alors l’ancien empire Ottoman au grès des reportages et accumule photos et témoignages. Il en saisis le tiraillement entre passé et modernité sur un territoire propice aux conflits et politiquement instable.
La construction d’une nouvelle Turquie sur les ruines de l’empire Ottoman
« De Hatayau Maroc (…), pour nous, il ne s’agit pas d’autres mondes, mais de morceaux de notre âme » Recep Tayyip Erdogan (2016)
Le fantasme d’un nouvel empire Ottoman, Mathias en saisit les fondations que ce soit dans les constructions des grands immeubles à Istanbul, des stations balnéaires le long de la mer Noire, jusqu’au pâturage bientôt engloutis en Mésopotamie. Partout la même frénésie de construction.
« C’est, pour Ankara, une manière de se réapproprier le territoire et de le façonner à son image. Cette image se veut islamique, moderne, avec des lieux de culture qui mettent en avant le néo-ottomanisme ».
Mathias Depardon
Il existe une forte volonté de ré-appropriation de cette identité Ottomane « volée » lors de la dispersion de l’empire. Elle est attisée par l’utilisation de soft power, diffusion de la langue et de la culture, aide au développement économique…
« Lorsque j’étais sur place, je sentais un vrai tournant dans la région. Pouvoir vivre cette période, et la documenter allait être une source d’enrichissement intérieur extraordinaire. »
Erdoğan, au pouvoir depuis 2003, a parfaitement saisis l’opportunité de replacer son pays au centre de l’échiquier régional. L’effondrement des structures politiques et sociétales des pays voisins, la possibilité d’utiliser les réfugiés comme moyen de pression face à l’Europe, le désir d’identification à un rêve plus grand pour les millions de turcophones vivant loin de la « mère patrie ».
Mathias Depardon & les Éditions André Frère
Chaque image du livre se lit à différents niveaux selon sa connaissance et son intérêt pour la géopolitique. Certains seront bercés par la nostalgie qui se dégage des paysages et des portraits, d’autres y verront la construction d’une ambition plus grande.
C’est aussi la force de ce livre, nous donner les cartes en mains pour mieux comprendre la situation. Mathias Depardon n’est pas dans la démonstration d’une opinion comme cela est souvent le cas lorsqu’un sujet aussi sensible est traité en surface par le prisme occidental. Au contraire, les photographies sont sincères, sans effets trompeurs, sans jugement primaires.
Pour amener plus de profondeur et un éclairage à la fois historique et conjoncturel, il s’entoure de Guillaume Perrier, journaliste, et Hamid Bozarlan, historien spécialiste de la Turquie et de la question kurde.
Le livre est superbement édité par André Frère qui a, comme à son habitude, fait en sorte de mettre en avant le travail de son auteur. On remarque immédiatement les détails sur la couverture et la tranche. Un livre qui séduit autant par son aspect esthétique que par la justesse de son propos.
Transanatolia, Éditions André Frère, 45€, 208 p. À découvrir sur notre boutique en ligne.
Le jury a nommé pour 2020 le livre « L’odeur de la nuit était celle du jasmin » qui propose un dialogue entre les photographies de FLORE et les écrits de Marguerite Duras, le livre est publié aux Éditions Maison CF – Clémentine de la Féronnière.
FLORE, nourrie des récits de ces grands-parents ayant vécus à la même époque et sur les mêmes lieux que l’écrivaine Marguerite Duras, nous propose une plongée dans une Indochine mythique qu’elle « invente photographiquement ». Ces récits forment un imaginaire commun entre elle et l’écrivaine, le livre est ainsi ponctué de courts extraits de textes de Marguerite Duras qui dialoguent avec les photographies monochromes teintées au thé et cirées. Cette technique permet à l’artiste de nous faire voyager dans le temps, créant des espaces insoupçonnés, jouant avec nos perceptions.
« L’odeur de la nuit était celle du jasmin » est la deuxième série consacrée par FLORE à Marguerite Duras, après Lointains souvenirs qui était consacré à l’adolescence de l’écrivaine.
Le livre, par sa qualité d’impression et sa reliure japonaise nous permet de garder un merveilleux souvenir de l’exposition de l’artiste au sein de l’Académie des Beaux Arts et qui n’a pu ouvrir que du 28 au 30 octobre 2020 (nous espérons une date de réouverture prochaine).
Cette exposition dont le commissariat à été confié à Sylvie Hugues est constituée d’une cinquantaine de tirages argentiques réalisés par l’artiste en chambre noire, teintés au thé et cirés ainsi que des tirages en héliogravure, des tirages pigmentaires couleur sur papier japonais et des pièces uniques sur feuilles d’or.
Artiste photographe franco-espagnole née en 1963. Ses séries au long cours, souvent réalisées lors de voyages, ont été acquises ou présentées par des institutions prestigieuses comme le Musée du Petit Palais, le MMP+ de Marrakech, le Mémorial de Rivesaltes, la BnF, ainsi qu’à l’occasion de foires internationales comme Paris Photo, Photo London, Fotofever, Marrakech Art Fair, Daegu Art Fair ou la Snif Art Fair de Osaka.
Par des procédés techniques sophistiqués, FLORE façonne tout autant qu’elle restitue le monde déployé sous ses yeux pour en extraire des images qui se confrontent au mystère du temps qui passe, à notre condition de mortels, à la fragilité des souvenirs et à la capacité de la photographie de créer de la vérité plus vraie qu’une réalité.
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